![]() |
Tribune libre
Une politique culturelle intercommunale ne se « décrète pas » : elle se « construit » avec pour but essentiel de répondre à des objectifs culturels mais aussi économiques et sociaux. |
Un article de Mme Rina Dupriet
|
|
Si l'intercommunalité culturelle est en marche, les nouvelles politiques culturelles sont loin d'être arrêtées même si, ici ou là, chacun fait l'éloge des bienfaits d'un nouveau territoire culturel. Si le cadre d'intervention est posé, la commune « leader » dicte souvent son choix en justifiant ses objectifs qui ne sont pas toujours hélas que culturels, on le sait bien !
Certains vous diront que 5 ans pour basculer d'une politique de gestion communale à une politique de culture intercommunale sérieuse c'est un peu court. Mais que fait-on pendant ce temps ?
Alors que sur le fond, l'apprentissage de la vie intercommunale n'est pas encore engagé sur certains territoires, force est de constater que les acteurs eux-mêmes, élus comme fonctionnaires, s'approprient leurs dossiers avec beaucoup de retenue et de discrétion...
Si les intercommunalités se créent, les communes sont toujours là, très présentes, et le maire continue à rendre des comptes à ses administrés puisqu'il agit, lui, dans le cadre d'une politique de proximité dit-on !
Que leur dira-t-il alors sur le transfert de leur conservatoire, de leur école de musique, de leur bibliothèque, de leur théâtre... le moment venu ? Si le transfert des ordures ménagères aux EPCI n'a pas posé, en son temps, de problèmes majeurs aux communes, il n'en est pas de même aujourd'hui pour le transfert du secteur culturel.
Chaque territoire communal, chaque maire a sa propre vision de la culture. Les villes centrales sont réticentes parfois à partager des équipements culturels prestigieux et les communes les plus modestes hésitent à partager des manifestations qui ont fait souvent la renommée de leur territoire (opéra, festival de théâtre, festival de la bande dessinée etc.).
Avant de penser à des enjeux personnels et financiers qui favoriseront un jour ou l'autre un saucissonnage territorial stupide, il est urgent de créer de nouvelles règles du jeu capables de définir une véritable politique culturelle intercommunale.
Une politique culturelle intercommunale ne se « décrète pas » : elle se « construit » avec pour but essentiel de répondre à des objectifs qui ne seront plus intégralement et exclusivement culturels mais aussi économiques et sociaux. L'accès à la culture et à l'éducation du plus grand nombre d'entre nous est un véritable pari sur l'avenir !
Les élus pourront alors faire l'éloge de l'intercommunalité lorsqu'ils auront compris :
- qu'il nous faut changer le regard et la lecture que nous avons aujourd'hui de la culture ;
- qu'il nous faut accompagner sur ce secteur l'évolution des métiers en pleine mutation ;
- qu'il nous faut aussi réfléchir aux attentes des publics de plus en plus divers et d'origines très différentes dont l'ascension sociale passe inéluctablement par l'accès à la culture, au savoir et à l'éducation.
Alors, plutôt que d'attendre passivement installé sur sa chaise que 2010 apporte la nouvelle donne culturelle dans nos communes, agissons et réagissons pour que la politique culturelle intercommunale de demain soit réellement « choisie et non pas subie », comme certains l'imaginent.
Nous aurons alors la politique culturelle que nous méritons !
Rina Dupriet
administrateur territorial
maire adjoint chargée de la culture et de la vie associative à Buc
rina.dupriet@wanadoo.fr
Flash info |
| Envoyez-nous un message pour rectifier cet article. |
