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Les associations cherchent les millions promis par Fillon

Par Stéphane Menu Le 22/09/2008 - Pas encore de commentaire

association - aides - état - social - logement

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Le Premier ministre, François Fillon, et les associations défendant les sans abris et les mal-logés se sont rencontrés mercredi 17 septembre à Matignon. Mais la réunion, dixit l'AFP, a tourné au " dialogue de sourds ".Christine Boutin, et le député Etienne Pinte, auteur d'un rapport sur "l'hébergement d'urgence et l'accès au logement", assistaient également à la réunion dont l'objectif était de faire le point sur l'emploi des 250 millions promis aux associations, en janvier, pour lutter contre l'exclusion. Ils ont bien été "délégués aux préfets et aux organismes chargés de mettre en œuvre" cette lutte, a-t-il assuré. Or, les associations de défense des mal-logés - au premier rang desquelles Emmaüs, la Fondation Abbé Pierre, le Secours catholique et les Enfants de don Quichotte- qui avaient demandé, l'an dernier, entre 1,5 et 1,7 milliard pour lutter efficacement contre l'exclusion, ont exprimé au Premier ministre leur "colère" face aux "promesses non tenues".

Etienne Pinte (UMP, Yvelines) a indiqué qu'il avait obtenu du Premier ministre une "rallonge" de 50 millions d'euros "pour finir l'année". "J'ai demandé la pérennisation des 250 millions mais je n'ai pas obtenu de réponse pour le budget 2009", a-t-il ajouté. Aux associations qui ont souligné qu'aucune des mesures qu'elles préconisent pour lutter contre l'exclusion et faciliter l'accès au logement n'est incluse dans le projet de loi qui sera présenté au parlement dans les prochaines semaines, François Fillon a répondu que la nouvelle loi va pourtant "permettre de continuer à augmenter le nombre de logements sociaux". Faux, lui répond Christophe Deltombes, président d'Emmaüs France. "C'est un projet de loi vide. On nous dit aujourd'hui que le projet de Mme Boutin va être amendé mais ce que nous voulons, c'est entendre les propositions du gouvernement", a-t-il ajouté. "On est très surpris, on nous dit que tout va bien mais des amendements ne changeront pas la donne", a pour sa part estimé Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre qui juge "répressives" plusieurs mesures de l'avant-projet Boutin. Parmi ces mesures, la proposition de réduire de trois à un an le délai de suspension d'expulsion pour les locataires ainsi que la proposition d'intégrer les logements en accession sociale à la propriété dans les 20% de logements sociaux que la loi SRU rend obligatoire. Etienne Pinte, coincé entre son étiquette UMP et la densité des rapports qu'il rédige sur le mal-logement, salués par toutes les associations a pour sa part dit "comprendre la frustration" de ces dernières. "On va encore passer un mauvais hiver. Il manque encore 500 places d'urgence sur Paris et la petite Couronne!", a-t-il dit avant de regretter que l'"on soit toujours à la recherche de marges de manœuvres financières".

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