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Par Eric Larpin Le 30/09/2008 - Pas encore de commentaire |
finance - social - aides - solidarité
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En face d'une finance mondiale devenue incontrôlable, la finance solidaire a des exemples et des leçons à faire valoir : redonner du sens à la monnaie, hiérarchiser les vraies valeurs (l'humain avant le papier monnaie), mettre l'argent au service de projets concrets. Pour mettre en avant la pertinence de la finance solidaire, le festival Festisolies, unique en son genre en Ile-de-France et organisé par l'association Fokus, avait choisi de consacrer sa deuxième journée à Fontenay-sous-Bois (Val de Marne) au thème Compter autrement. Pour Patrick Viveret, un des promoteurs de la monnaie fondante Sol, « le mot-clé est celui de réappropriation citoyenne des pratiques qui tournent autour de la monnaie. » Pour expliquer la distance créée entre l'économie réelle et l'économie virtuelle, il évoque les exemples qu'il avait donnés dans son rapport sur Reconsidérer la richesse, comme le PIB qui recense des activités écologiquement destructrices : « si 3 200 milliards de dollars sont échangés tous les jours sur les marchés des changes, seulement 2,7 % du total se fondent sur des biens et des services réels ! » Patrick Viveret considère logiquement qu'il faut réinterroger les chiffres et redonner sa vraie dimension à l'économie de proximité. Certaines formes de l'économie solidaire sont d'ailleurs complètement déconnectées de l'économie monétaire, comme l'a détaillé Claire Héber-Suffrin venue présenter les réseaux d'échanges réciproques de savoirs. Pour elle, « tout le monde est porteur de savoirs. Les réseaux mettent les gens en relation d'échanges sans lien monétaire. Ce sont d'abord les personnes qui sont des richesses, puis les savoirs, à condition qu'ils s'échangent. On ne compte pas le temps passé, ni les différences de valeurs entre les types de savoirs (jouer d'un instrument de musique, cuisiner, apprendre à faire du vélo, comprendre l'économie, etc.) ». De même pour les Systèmes d'échanges locaux, représentés par le SEL de Montreuil, qui proposent des échanges de services sans argent, mais avec une unité d'échange. Leur but principal est de recréer des échanges et donc de faire du lien social. De leur côté, les financiers solidaires ont donné l'image d'une finance patiente, lors du débat de l'après-midi. Pour Olivier Nicol, représentant la coopérative solidaire Garrigue, il faut réhabiliter les circuits courts de l'argent et réorienter son argent. Ce que permet par exemple le fonds Afrique de Garrigue et de l'association Tech Dev, qui dirige l'épargne de personnes au Nord vers des petites entreprises productives en Afrique, ce qui permet de créer de nouvelles relations entre pays du Sud et du Nord. De même, le Nef oriente l'argent de ses épargnants vers des projets à visée écologique. Tous ces exemples montrent que, faute d'être des alternatives au CAC 40, les finances solidaires n'en constituent pas moins les prémices de nouvelles façons de considérer et d'utiliser la monnaie.
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