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Écoterrorisme aux États-Unis : une menace grandissante

Date de mise en ligne : 17/04/2008

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Depuis plusieurs années déjà, les groupes de défense des animaux sont parmi les mouvements classés comme capables des actions les plus spectaculaires et dangereuses, tout particulièrement au Royaume-Uni, où ils sont nés. Alors que la question du réchauffement climatique est de plus en plus régulièrement Évoquée comme un facteur de déstabilisation des relations internationales, de nouveaux groupes radicaux apparaissent, que l'on peut qualifier d'écoterroristes.

Le groupe qui préoccupe le plus les autorités fédérales américaines en ce moment est le Front de libération de la terre. Ce mouvement, l'Earth Liberation Front, ELF, est né au Royaume-Uni en 1992 d'une dissidence du mouvement légalement autorisé Earth First!, qui milite pour une utilisation mesurée des ressources offertes par la terre. Il s'est répandu en Europe dans les deux ans qui ont suivi, avant de faire des émules au Canada et aux États-Unis vers le milieu des années 90.

L'ELF, dont les membres se surnomment tout naturellement les Elfes, a choisi de ne pas se structurer et apparaît donc comme un groupe menant des actions terroristes, et dont la structure en réseau décentralisé n'est pas sans rappeler celle d'Al-Qaïda. En l'absence de structures formelles, les groupes de militants fanatiques ne sont liés que par une idéologie partagée, ce qui rend extrêmement difficile de détecter les actions violentes avant qu'elles ne se produisent. Sans leaders connus, l'ELF s'enracine dans la notion de « résistance », déclinée en France sous le thème de des mouvement « citoyens » : inspections citoyennes des sites nucléaires, résistance citoyenne au capitalisme, fauchage citoyen des OGM etc. De ce fait, ces mouvements sont difficiles à poursuivre en justice, d'autant plus que le profil de certains militants n'incite pas au soupçon. Parmi les dernières personnes arrêtées aux États-Unis figurent une professeure de violon et un étudiant en doctorat de sciences physiques du réputé California Institute of Technology (CalTech).

Car en dépit de ce profil incitant peu à la violence ou à la lutte des classes, l'ELF se livre el et bien à des actions de terrorisme, visant à « punir » certains groupes ou classes sociales, ou des professions bien ciblées, pour leurs supposées déprédations contre la terre. Selon le FBI, l'ELF serait coupables de 1 200 infractions à la loi (allant de la contravention à l'acte criminel), avec un coût pour la société qui s'élèverait à 100 millions de dollars. Certains commentateurs estiment même que cette somme est en réalité de 200 millions de dollars américains (200 M USD).

Une première série d'attentats avait eu lieu en 2003 sur la côte Ouest des États-Unis, avec une vague d'explosions de Hummers, ces véhicules particulièrement gourmands en carburant, pour une valeur de 5 M USD, et l'incendie à San Diego d'un complexe immobilier pour un coût de 50 M USD. Puis en 1998, un incendie criminel avait ravagé a station de ski huppée de Vail dans le Colorado (12 M USD). Après un période d'accalmie, les actions viennent de reprendre récemment. Début mars 2008, un membre de l'ELF vient d'être condamné pour la destruction d'un laboratoire de recherche de l'Université de Washington (7 M USD), le Centre pour l'horticulture urbaine, accusé, faussement semble-t-il, d'avoir modifié génétiquement une sorte de peupliers. La même semaine l'ELF a été accusée par le FBI de l'incendie d'un complexe immobilier de maisons écologiques de luxe à Seattle, pour une valeur de 7 M USD.

Pour le FBI, c'est un miracle si ces actions n'ont encore fait aucune victime. Toutefois, la simple addition des sommes qu'ont coûté ces actes terroristes justifie selon l'agence fédérale que l'ELF se retrouve en tête des groupes terroristes les plus recherchés. Cependant, des groupes environnementalistes ayant pignon sur rue dénoncent quant à eux une nouvelle chasse aux sorcières. Selon eux, l'accent mis sur l'aspect terroriste des actions de l'ELF tombe à point pour que l'administration Bush, mise au ban des accusés pour sa négation d'un réchauffement climatique dû aux activités humaines et le torpillage des accords de Kyoto, discrédite à bon compte l'ensemble de l'action menée par les groupes environnementalistes.

Gaël Marchand

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