Date de mise en ligne : 10/11/2009
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En tant que directeur d'une médiathèque, le constat est évident : la chute du marché physique (CD..) s'accélère inexorablement ; lors d'une réunion privée (cf : relations de travail de mon frère travaillant dans l'industrie musicale, à la Sacem...), leur consensus unanime est que les choses vont continuer à évoluer à peu près comme elles l'ont fait durant les huit années passées : une baisse du marché de l'ordre de 10 à 12% en valeur par an et une augmentation du digital trop faible pour compenser quoi que ce soit. Et pourtant ils restent persuadé que la consommation des Cd peut se maintenir à la seule et unique condition que la musique soit de qualité.
Par contre, l'Idate émet l'hypothèse que l'accélération de la chute n'interviendrait qu'en 2012 ; mais il convient de souligner que cette hypothèse ne prend pas suffisamment en compte l'accélération du renouvellement des équipements audio. Une chaine hifi se conservait 6/8 an, maintenant on peut ramener ce délai à 3/4 ans à présent ; en outre, 640 millions de téléphone avec un player MP3 ont été vendus en 2008 ! (autrement dit la messe est dite)
Par ailleurs, ils me rapportaient que le MP3 va réellement commencer à disparaître dès 2010, jugeant l'expérience trop complexe : acheter un titre online n'est pas naturel pour beaucoup d'entre nous.De surcroît, la manipulation de milliers de titres se révèle rapidement une tache ardue. L'expérience utilisateur, dix ans après l'arrivée du MP3 est sur le point de changer radicalement, à nouveau.
Le P2P (pourquoi la loi Hadopi 2 ?) va s'effacer petit à petit ; les statistiques sont là : le P2P n'est plus en croissance. Si vous avez déja passé des heures pour essayer de récupérer un titre de musique qui s'avère être coupé au bout de 1,30 minutes, vous savez pourquoi l'expérience est quand même assez limitée ; dans 4 ans, on n'en parlera plus !
Pour l'avenir de nouvelles expériences musicales devraient émerger ; au 18ème siècle lorsqu'on écoutait de la musique, c'était à l'opéra et ça durant 3 heures ; dans les années 60 c'était surtout dans sa chambre et ça durait entre 3,30 et 45 min (cf : la durée des vinyles)
Or, aujourd'hui, le contexte d'écoute n'a jamais évolué autant (en travaillant sur son ordinateur, en marchant dans la rue, dans le métro, le train...) mais le format n'a pas bougé. C'est aussi pour ces raisons qu'il faut croire au format mxp4 (les professionnels musicaux de médiathèque connaissent au mxp4.
Pour résumer l'on peut se poser la vraie question : pourquoi le marché a et va chuter aussi fortement? N'aurait t'on pas pu prévoir et enrayer cette chute? Tout simplement parce que c'était beaucoup plus simple d'utiliser un MP3, pour la rapidité de mise en oeuvre (pas de CD à chercher partout en cas d'égarement...), sa capacité d'échange, et aussi la gratuité, mais pas uniquement.
En effet, selon ces personnes, professionnels de la musique, on commence à voir des services qui rentrent en concurrence avec la gratuité, car ils amènent une valeur ajoutée suffisamment forte pour que le consommateur ait à nouveau envie de payer.
Ce qui est déjà évident c'est que si Hadopi fonctionne un tant soit peu, ça va largement aider à ouvrir les porte-monnaie ; cette hypothèse va concerner donc l'Europe, car de nombreux pays vont passer des lois Hadopi-like.
J'invite mes collègues, responsables de bibliothèques musicales, à réfléchir dès à présent à ces nouveaux enjeux tout en leur martelant que le Ministre de la Culture devrait s'entourer de spécialistes compétents afin de préparer de nouvelles lois beaucoup plus conformes à la réalité.
P.S : N'ayant pas eu le temps, j'invite les journalistes de la Lettre du Cadre à tester, à l'instar de certains chroniqueurs de Canal +, le questionnaire relatif au débat sur l'identité nationale : le filtrage de certains messages est, parait-il, surprenant...
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