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La valeur du documentaliste en question

Date de mise en ligne : 07/12/2009

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Le titre de cet édito est directement emprunté à Eric Tenin, suite à son billet publié sur Owni : "La valeur du journaliste en question". Ce n'est pas la première fois ici qu'est proposé un parallèle entre ces deux corps de métier qui, à quelques années d'intervalle, connaissent malheureusement une crise aux contours assez similaires (voir aussi chez le Bibliobsédé ici et , ainsi que chez Pirathécaire).

Les propos d'Eric Tenin sont fort justes. Ils deviennent même carrément troublants si l'on remplace le mot "journaliste" par "documentaliste"... Allez-y, essayez, vous serez bluffés !

Que dit-il en substance ? Que la démocratisation d'Internet a changé la donne. Ca a l'air d'un enfonçage de porte ouverte, mais c'est comme tout, ça va mieux en le disant. Que de ce fait, les rôles "traditionnels" dévolus aux journalistes (sourcer l'information, la mettre en perspective et la hiérarchiser... ça ne vous rappelle rien ?) peuvent aujourd'hui être remplis par une multitude d'autres acteurs de l'information qui ne sont pas payés, eux. Le constat n'est guère reluisant mais ça ne l'empêche pas de rester optimiste sur l'avenir de sa profession, à condition que les journalistes acceptent de s'adapter à ce nouvel ordre de choses. Comment ? En s'engageant peu ou prou sur les chemins que bon nombre d'entre nous ont choisi d'emprunter pour se (re)faire une place dans un environnement informationnel désormais largement dominé par le numérique. Il propose trois pistes, facilement transposable du monde de la presse à celui de la fonction documentaire :

- mise en scène de l'information : autrefois, nous faisions de beaux dossiers documentaires, bien rangés dans de tout aussi beaux dossier suspendus. Aujourd'hui, bon nombre d'entre nous se sont lancés dans une mise en valeur numérique attrayante de l'information contenue dans nos "fonds", eux aussi largement virtualisés.
- "fouinage" : pour aider nos collègues qui ont le nez dans le guidon, nous avons tout intérêt à remplir une fonction de "tête chercheuse", de dénicheur de nouvelles ressources et d'informations inédites... publiées grâce à de vaillants journalistes qui lèvent le nez des canons à dépêches !
- enquête : n'allons pas prendre la place des journalistes sur ce point, mais sachons nous montrer efficaces quand il s'agit d'effectuer des recherches complexes nécessitant un minimum de méthode et une bonne connaissance des différents outils. Comme les journalistes sont payés à enquêter, nous sommes payés à rechercher, ce que nos collègues techniciens n'ont pas forcément le temps de faire.

"Est-ce suffisant pour faire remonter la valeur de l'info ?", se demande pour conclure Eric Tenin. Nécessaire, oui, suffisant, peut-être pas. Les quelques années de recul dont nous disposons aujourd'hui sur les évolutions de notre métier à l'ère du numérique nous prouvent que si nous parvenons à survivre dans nos structures, c'est souvent au prix de justifications régulières de notre utilité. Certains d'entre nous ne parviennent même plus à faire entendre leur voix en ces temps où la moindre source d'économie est bonne à prendre. Ce n'est certes pas encore le dernier édito de l'année, mais, par anticipation pour l'année 2010 qui s'annonce financièrement difficile : haut les coeurs !

A lire aussi : "Le journalisme entame sa réforme", par Eric Mainville sur Crise dans les médias.

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