Date de mise en ligne : 11/01/2010
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Le domicile du maire (PS) de Strasbourg Roland Ries a été tagué ce week-end d'inscriptions à caractère islamophobe, suscitant de multiples réactions d'indignation, a-t-on appris lundi auprès du parquet et de la municipalité.
Les inscriptions "Non aux minaret" (sic) et "Ries connard" ont été découvertes dimanche matin sur la façade de la maison où M. Ries est locataire d'un appartement, a précisé à l'AFP le vice-procureur Laurent Fabre.
"Il y avait également, en guise de signature, une croix celtique", symbole couramment utilisé dans les milieux d'extrême droite, a-t-il ajouté, précisant qu'une enquête avait été ouverte. "Les voisins n'ont rien vu et il n'y a pas de vidéo-surveillance dans cette rue", a observé le magistrat.
Les inscriptions ont été rapidement effacées par les services municipaux. M. Ries, qui n'était pas chez lui ce week-end, a déposé plainte lundi en début d'après-midi, a-t-on appris auprès de la mairie.
"Il était à la fois gêné pour ses voisins et un peu inquiet quant à la tournure que peut prendre un débat sur une question certes sensible, mais qui vient le chercher jusque chez lui, ce qui n'est pas dans la tradition politique française", a dit à l'AFP son directeur de cabinet, Patrick Pincet.
"On peut espérer que ce soit un acte à caractère isolé, même s'il y a une signature politique", a-t-il ajouté.
M. Ries a reçu de multiples soutiens, certains n'hésitant pas à pointer du doigt le débat sur l'identité nationale.
Marie-George Buffet (PCF) a qualifié d'"inacceptable provocation" ces tags, jugeant que le débat sur l'identité nationale allait "de dérapage en dérapage" et conduisait "tout droit au naufrage".
Dans un communiqué de soutien à M. Ries, les élus de la majorité municipale strasbourgeoise (PS, Républicains et Verts) ont estimé que ces actes s'inscrivaient "dans un contexte de dégradation constante de la qualité du débat public en France, accentué par la controverse malsaine sur l'identité nationale".
Le président du Conseil régional du culte musulman (CRCM) Driss Ayachour a condamné "avec la plus grande fermeté ces actes inqualifiables", jugeant que les "commanditaires de ces actes et leurs complices" voulaient "attiser la haine et la discorde entre les citoyens à le veille des élections régionales".
La Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) du Bas-Rhin a fait part de sa "consternation" et demandé "que la justice fasse" le nécessaire "pour retrouver le ou les auteurs de ces actes menaçants".
Ancienne maire de Strasbourg et sénatrice UMP du Bas-Rhin, Fabienne Keller a qualifié d'"inadmissible" l'inscription de ces "tags insultants", jugeant que "de tels agissements, qui attaquent le domicile personnel d'un élu, doivent être sévèrement punis".
L'ancien maire-adjoint et actuel chef de file de l'opposition UMP, Robert Grossmann, a condamné "avec la plus extrême fermeté (cette) agression par tags", dénonçant un "acte ignoble et indigne".
En novembre, suite à la polémique qu'avait suscitée en France la "votation" suisse sur l'interdiction des minarets, M. Ries avait déclaré publiquement qu'il ne voyait "aucune raison" d'interdire aux musulmans de Strasbourg de doter d'un minaret leur future mosquée, actuellement en construction et dont le projet, approuvé par la précédente municipalité UMP, ne prévoit pas de minaret.
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