Date de mise en ligne : 24/01/2010
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Les associations qui gèrent l'aide à domicile pour les plus fragiles (personnes âgées dépendantes, handicapées, etc.) et les syndicats tirent la sonnette d'alarme face aux difficultés financières d'un secteur qui menacent 10.000 salariés et 60.000 personnes aidées.
Alors que Nicolas Sarkozy a fait de la prise en charge de la dépendance des personnes âgées l'un des grands thèmes sociaux de 2010, une centaine de structures d'aides à domicile (ménage, soins, etc.) ont connu "une situation dramatique" fin 2009, affirme David Duizidou, président de l'Union syndicale de la Branche professionnelle du domicile, et vice-président de l'ADMR (Association du service à domicile, 3.350 associations, 100.000 salariés).
Cela s'est traduit par des déficits, cessations de paiement ou liquidations judiciaires, qui ont affecté 10.000 salariés et 60.000 personnes aidées. Pour 2010, entre 300 et 400 associations pourraient être concernées, prévient-il.
Au coeur du problème, les prestations d'aide à domicile, qui ne sont plus prises en charge à la hauteur de leur coût par les financeurs publics (Etat, conseils généraux, assurance vieillesse, etc.).
C'est notamment le cas de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) pour les personnes âgées, créée en 2001, qui prévoyait une prise en charge à 50-50 entre l'Etat et les conseils généraux.
En 2009, l'engagement de l'Etat n'était plus que de 30%, contre 70% pour les conseils généraux, qui sont "pris à la gorge", dit une porte-parole de l'Union nationale de l'aide à domicile (UNA, 1.200 associations, 145.000 salariés).
Les associations avaient beaucoup investi pour professionnaliser leurs salarié(e)s. Les financeurs qui avaient demandé ces efforts de formation "ne veulent plus maintenant financer ses coûts", déplore M. Duizidou.
Restriction identique pour la Prestation compensation handicap (PCH), l'aide à domicile auprès des familles (prise en charge par les CAF) ou la prestation d'aide ménagère financée par l'assurance vieillesse.
"Fin 2009, on a eu une baisse des prises en charge de 10 à 15%", soit une perte moyenne de 2 euros par heure travaillée, précise Hugues Vidor, directeur général d'Adessa-A Domicile (450 associations, 40.000 salariés).
Par manque de trésorerie, certaines associations ont dû licencier, déplore Maryvonne Nicolle (CFDT).
"Pour une personne âgée qui a besoin d'aide matin, midi et soir, on demande désormais aux salariés des interventions d'un quart d'heure. Cela pose des problèmes de qualité de service, de risque de maltraitance, et de conditions de travail", ajoute-t-elle.
"Depuis plusieurs mois, des salariés nous disent régulièrement que leur employeur ne pourra pas les payer le mois prochain", ajoute Josette Ragot (FO), salariée en milieu rural.
Son employeur a lui-même "projeté de ne plus rembourser l'ensemble des kilomètres" qu'elle parcourt chaque jour, afin de réduire les coûts de structure - même si c'est contraire à la convention collective.
Face à ce constat, une quarantaine d'acteurs du secteur (associations, financeurs, Direction générale de l'action sociale, etc.) et seize organisations ont réclamé fin décembre, dans une déclaration commune, la refonte du système de financement et un fonds d'urgence de 100 millions d'euros.
Les associations espèrent "des mesures opératoires dès 2011".
Pour Jean-Pierre Hardy, de l'Assemblée des départements de France, un nouveau financement des services à domicile pourrait notamment passer par une tarification fondée sur une mutualisation des structures, ou la prise en compte des temps de transport.
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