RÉNOVATION URBAINE

 

Marseille, démolir pour lutter contre la drogue

13/03/2015 | par Stéphane Menu | Toute l'actualité

démolition ©Rupp.de

L’idée fait consensus. A la Castellane, à Marseille, cité célèbre puisqu’elle y vit naître Zidane, deux bâtiments seront détruits. Objectif des collectivités et des bailleurs : briser définitivement le trafic de drogue.

 Marie Lajus, préfète des Bouches-du-Rhône à l’égalité des chances, a convié, en début d’année, tous les acteurs de la rénovation urbaine à une réunion pour se pencher sur le délicat dossier de la Castellane, cité sensible au nord de Marseille. Car, au fil du temps, elle a acquis la conviction que cette cité était un « château fort ». Pour Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, les temps ont changé : « Au lendemain de la guerre, il fallait reconstruire. On va beaucoup faire, on va faire vite sans penser à l’environnement, à l’écologie. Les gens étaient contents. Mais c’était une autre époque, tout est dépassé ». Cap donc sur la rénovation. Certains bâtiments de la cité seront relookés mais deux d’entre eux n’auront pas le plaisir de connaître une deuxième jeunesse : la tour K avec ses 91 logements et la barre G, plus discrète, avec 9 logements. La tour G est celle où le jeune Zidane fit ses premiers pas de jeune footballeur, affinant sa technique sur la dalle en contrebas.

 

« Cité refermée sur elle-même »

Michel Cadot, préfet de région, confirme qu’il n’y avait pas d’autre choix : « La cité est refermée sur elle-même, elle concentre des difficultés sociales. Et on a aussi des difficultés pour éradiquer les trafics ». Constat confirmé par le préfet de police, Jean-Paul Bonnetain : « Le trafic de stupéfiants pèse lourdement sur le fonctionnement des équipements et la vie des gens ».

Détruire pour guérir ? Le débat fait consensus

L’Anru participera au financement de cette rénovation, après une première phase qui a déjà mobilisé, sur l’ensemble du secteur, près d’un milliard d’euros. Le nouvel Anru impose de nouveaux critères plus sociaux : « Le bâti de la Castellane n’est pas du tout catastrophique, assure Marie Lajus, mais on prend en compte des critères sociaux et sécuritaires ».

 

Des grues face au trafic de drogue

Détruire pour guérir ? Le débat fait consensus. L’ancien préfet de police, Alain Gardère, avait envisagé une telle solution il y a deux ans pour le Clos de la Rose, dans le 13e arrondissement de Marseille, où les trafics étaient si durablement installés que les forces de police s’y cassaient le nez. Du côté du bailleur, Erilia, il y a urgence à agir : « On va créer des voies pour faire entrer la ville et maintenir la vie avec des commerces qui doivent subsister », assure l’un de ses représentants. Le préfet, de son côté, veut rassurer la population, la concertation sera publique et les habitants concernés par les destructions seront relogés. Cette concertation s’étendra tout au long de l’année 2015 pour que les premiers coups de pelle soient donnés début 2016. Les dealers ont-ils plus à craindre d’une rénovation urbaine à grande échelle que des forces de l’ordre ? L’avenir le dira…

 

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