CARRÉMENT FUTURISTE !

 

Au-delà de la com’ : créez un start lab !

21/12/2015 | par Franck Plasse, Jeanne Rebuffat | Dossiers

communication_3 © beeboys

Prenez deux concepts forts de la nouvelle économie : start-up et fab lab. Listez leurs caractéristiques présentant des intérêts pour la sphère publique : innovation et énergie pour l’un, expérimentation et coopération pour l’autre. Hybridez. Vous obtenez le start lab, un concept de nouveau service qui pourrait bien révolutionner l’action de votre collectivité.

La communication est un domaine très vaste. Le CIDJ, association créée par le ministère de la Jeunesse et des Sports pour informer et accompagner les moins de 25 ans, recense quarante-trois métiers différents dans cette filière. Un service communication représente donc un énorme vivier de compétences, exploitables au-delà de ses fonctions traditionnelles.

 

Design, conversation, créativité

Premier pack de compétences, le marketing : définition de problématique, réalisation d’études qualitatives, prototypage, conduite de tests-utilisateurs, etc. Ces méthodes servent à concevoir des messages, des supports, des campagnes. Mais elles sont tout aussi pertinentes pour concevoir ou améliorer des politiques ou des services publics, pour faire du design selon le vocable actuellement en usage.

 

Marc Thébault, Directeur de la communication de Caen la mer : « Si tout est signe, tout est communication ? »
« Se pose souvent la question du domaine d’intervention de la com’. Car si ses métiers sont connus – bien que parfois happés par d’autres, autoproclamés compétents en PAO ou en com’ digitale – son vrai champ d’action reste à délimiter. Plutôt, il reste à dé-limiter, à ouvrir, pour faire comprendre que tout est signe et que les signes sont du ressort de la com’, car c’est le champ des représentations. Son cœur de métier, pour mémoire. La com’ a donc à être associée à nombre de dossiers : mobilier urbain, accueil, concertation, production de services, management, etc. Car tout est symbole. Tout est à considérer comme l’expression de la collectivité, donc de ses valeurs, de sa personnalité. Les Dircoms n’ont pas fini de se sentir indispensables ! »

 

Deuxième pack, la communication conversationnelle, notamment expérimentée et développée avec les réseaux sociaux. Sur le web, s’instaure une nouvelle forme de relation entre collectivités et habitants, un dialogue communautaire. En le structurant via Internet et en l’exportant vers la vie réelle, il y a là une matière pour revivifier la pratique de la démocratie participative.

Enfin, troisième pack, l’animation de groupes. La créativité des communicants n’est pas (uniquement) une affaire de qualités personnelles, c’est aussi un ensemble de techniques exploitant les dynamiques psychosociales, les leviers ludiques, les mécanismes cognitifs de divergence-convergence, etc. Ces outils sont performants dans bien d’autres situations, du comité de direction aux réunions d’évaluation, en passant par le lancement de projet.

 

Sébastien Célerin, Serious game designer, enseignant à l’université de Cergy-Pontoise : « Les jeux entretiennent des dynamiques collectives »
« Qui s’intéresse à l’innovation, au design, à la participation devrait se pencher sur la gamification, ces outils déduits des techniques mises au point par une génération de créateurs de jeux de société et de jeux vidéo : ce qui vaut pour la progression dans une fiction vidéo ludique, ou pour un dispositif sociétal comme les jeux coopératifs, peut être utilisé dans un dessein qui n’est pas uniquement le plaisir de jouer et de gagner, mais bien d’apprendre ou de partager.
En effet, les jeux suscitent l’attention, socialisent les participants, renforcent l’attention et entretiennent des dynamiques collectives. Déjà, des collectivités pionnières l’ont bien compris et s’en emparent. »

 

En synergie !

L’intérêt d’identifier ces packs de compétences n’est pas seulement de les mobiliser lors de besoins ponctuels, mais de les mettre en mouvement ensemble. En effet, l’animation de groupes est précieuse pour la démocratie participative qui, elle-même, est un ingrédient indispensable du design de politiques et services publics qui, à leur tour, pourraient soutenir l’exercice citoyen… Bref, trois fonctions en forte synergie, qui ne demandent qu’à être organisées en un écosystème de nouvelles missions et actions des services communication.

 

L’intérêt d’identifier des packs de compétences n’est pas seulement de les mobiliser lors de besoins ponctuels, mais de les mettre en mouvement ensemble.

 

Ajoutons deux couches supplémentaires : un espace où des groupes d’habitants, des associations et des entreprises viendraient profiter de ces savoir-faire ainsi qu’un système d’échange-temps instaurant que le bénéficiaire de X heures de service du lieu « doit » ensuite X heures de présence utile à un autre utilisateur. Vous avez alors les ingrédients d’un start lab, un équipement sous pilotage du service communication, exploitant de manière novatrice ses compétences pour des besoins internes, mais aussi pour les besoins d’autres acteurs du territoire, alors impliqués dans une logique de réseau de coopération.

 

Véronique Bonnet, présidente d’Émulsion créative : « Un cheminement en cinq étapes »
« Le changement et l’innovation nécessitent de relever quatre enjeux : rassembler les parties prenantes d’un projet ; transformer ce groupe en équipe via une méthodologie créative et collaborative ; placer cette équipe dans un système ouvert sur la différence, via l’analyse des écarts de pensée ; faire émerger une solution. En termes opérationnels, le cheminement efficace comporte cinq étapes : bâtir un langage commun et élaborer une représentation partagée du problème ou du projet ; faire émerger les ambitions de chacun des acteurs ; analyser les paradoxes, les manques, les critères de succès qui structurent la solution ; produire beaucoup de pistes de solution ; sélectionner et argumenter la/les plus pertinente(s). »

 

Qu’est-ce que c’est ?
La start-up : (ou jeune pousse) est une jeune entreprise à fort potentiel de croissance. On parle également de start-up pour des entreprises en construction qui ne sont pas encore lancées sur le marché commercial (ou seulement à titre expérimental). Elle est en phase plus ou moins longue de développement d’un produit, de test d’une idée, de validation d’une technologie ou d’un modèle économique. (Source page start-up de Wikipedia)

Un fab lab : (contraction de l’anglais fabrication laboratory, « laboratoire de fabrication ») est un lieu ouvert au public où il est mis à sa disposition toutes sortes d’outils, notamment des machines-outils pilotées par ordinateur, pour la conception et la réalisation d’objets. (Source fab lab de Wikipedia)

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