L'AVENIR EST DÉJÀ LÀ

 

Monde d’après : les solutions existent déjà !

20/09/2020 | par Emmanuel Cattiau | Toute l'actualité

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Nous n’étions pas prêts ! Mais cette crise est justement l’occasion de faire grandir les initiatives qui nous pousseront vers le changement, vers plus de sobriété et de proximité.

Et si ceux qui voient cette « crise covidienne » comme une répétition générale avant la « mère des batailles », celle de la lutte contre le réchauffement climatique, avaient raison ?

Changer de logiciel, revoir nos priorités, en finir avec nos démocraties carbonées basées sur la compétition (« l’échec du plus grand nombre », selon Michel Serres), l’épuisement des ressources, la destruction des écosystèmes et donc du vivant, la maltraitance (carcérale) des animaux d’élevage, l’obscénité des écarts de richesse, la confiscation des biens communs, et lutter contre les populismes et intégrismes de tout poil. L’objectif semble impossible pour la génération qui arrive sur le marché de l’emploi et qui devra « réparer » les dégâts du monde industriel né lors de la génération de ses arrière-grands-parents.

 

Chercher la bonne alternative

Les projections pour 2050 font « froid » dans le dos, ne serait-ce que concernant la réalité des températures moyennes et extrêmes dans les villes et agglomérations européennes (1).

La tentation de considérer la « Fable du colibri » (2) comme un attrape-nigaud pour « bobos » en mal d’espérance n’est pas loin et d’ailleurs, dès que l’on aborde le sujet sur les réseaux sociaux, les « véritables scientifiques », dont l’indépendance est vite mise à mal, n’hésitent pas à tirer à vue et organisent des procès en incompétence contre leurs contradicteurs.

Bref, entre les analystes du global rationnel « scientifique et industriel » et les partisans du local « naïf et artisanal », il n’y aurait aucune alternative possible.

 

Changer de logiciel, revoir nos priorités, en finir avec nos démocraties carbonées basées sur la compétition

 

Cette dualité est probablement à relativiser si l’on observe les grandes forces en présence. D’un côté, un pouvoir pyramidal qui a peu à peu glissé des mains des États-nations vers celles de grands groupes internationaux. Ces groupes, sous perfusion d’argent public en cas de crash financier ou sanitaire, sont de véritables colosses aux pieds d’argile. Mais si l’on se penche sur le pouvoir local, on découvre de l’autre côté des réseaux maillés apprenants, agiles et résilients, attendant peu de l’État protecteur – cette réalité est certes moins vraie dans les économies européennes à tendance sociale ou démocrate, mais l’épisode covidien a pu changer un peu la donne…

 

Lire aussi : Convention citoyenne pour le climat : le monde de demain pour les collectivités

 

Nous n’étions pas prêts, mais…

Oui, il y a un « mais ». Un « mais » en forme de pied de nez à tout ce qui relèverait d’une analyse duale de la situation et donc forcément faussée. Indéniablement, cette crise vient nous redonner le sens des réalités face à une économie ayant perdu le contact avec… le réel.

Les observateurs du monde local savent bien que des révolutions locales sont en marche depuis de très nombreuses années.

 

On découvre de l’autre côté des réseaux maillés apprenants, agiles et résilients, attendant peu de l’État protecteur

 

Le film « Demain » est venu en mettre certaines en lumière, même si l’inventaire était forcément incomplet dans ce format (3). Des laboratoires spontanés, du fait de l’initiative d’individus ou de groupes, n’ont pas cessé depuis trente ans de tester, inventorier, théoriser, ensemencer et mettre en œuvre. Bien sûr, le local ne s’affranchira pas complètement de solutions globales relevant d’une régulation qui reste encore à inventer, mais entre-temps ou concomitamment, les « pionniers du local » n’ont pas attendu.

Au sein de ce dossier, nous allons tenter de cerner cinq axes, la démocratie participative, l’urbanisme transitoire, l’agriculture urbaine, l’économie sociale et solidaire et, avec l’œil de l’expert, les nouvelles mobilités, qui semblent fédérer les énergies, les intelligences et les solutions locales pour ce monde d’après, qu’il nous faut engendrer de manière « désespérément optimiste » en ce mandat 2020-2026.

 

 

 

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