BIG CARBONE

 

Tout savoir pour affronter (ou adopter) la 5G : quels impacts pour quels usages ?

10/12/2020 | par Franck Plasse | Actualités

Use Case for Internet of Things in health care.  Everything connected. Remote robotic surgery, drone bringing defibrillator, real time diagnose optimizing medication. ©AdobeStock

La 5G est-elle bonne (ou pas) pour l’environnement ? Poursuivra-t-elle la course vers toujours plus d’émission carbone ou permettra-t-elle d’en économiser ? Entre les émissions directes et le coût énergétique indirect, la réponse est incertaine. D’autant qu’on n’a pas de certitudes sur ses utilisations.

La question de l’exposition aux ondes s’étend logiquement à l’environnement. Cela fait partie des travaux de l’Institut d’électronique et des Technologies du numérique (CNRS, Université Rennes 1, INSA Rennes, CentraleSupélec, université de Nantes).

 

L’effet thermique

« Pour l’instant, nous n’avons repéré aucun effet des ondes millimétriques sur les cellules, précise à ce sujet Yves Le Dréan, un des experts de l’IETR. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en l’état actuel de la recherche, nous ne connaissons qu’un seul effet possible des ondes sur leur environnement. C’est l’effet thermique, celui qui permet à votre eau de bouillir au four à micro-ondes. Et les puissances utilisées en télécommunications, quel que soit le type d’ondes, sont trop faibles pour générer un tel échauffement. » (1)

 

Orange annonce à terme une division par 20 des dépenses énergétiques directes de la téléphonie mobile

 

Respecter les accords de Paris

L’autre préoccupation environnementale est le coût énergétique. Selon le think tank de la transition carbone Shift Project, « près de 4 % des émissions carbonées mondiales sont dues à la production et à l’utilisation du système numérique. Cela représente davantage que les 2 % usuellement attribués au transport aérien civil et avec une augmentation qui s’élève aujourd’hui à 8 % par an, cette part pourrait doubler d’ici 2025 pour atteindre 8 % du total – de l’ordre des émissions des voitures et deux-roues actuellement. […] Le respect des accords de Paris, dont l’objectif auto-imposé des 2 °C vise à assurer la résilience de nos systèmes, nécessite d’assurer une diminution des émissions mondiales de 5 % par an » (2).

 

Il y a également le coût indirect en énergie et en ressources non renouvelables lié à la fabrication des infrastructures et terminaux 5G

 

Une 5G économe ?

Des opérateurs avancent que la 5G, plus économe, est une réponse. Par exemple Orange annonce à terme une division par 20 des dépenses énergétiques directes de la téléphonie mobile (3). Tous ne partagent pas cet optimisme. Ainsi, auditionné par le Sénat, Olivier Roussat, président-directeur général de Bouygues Telecom indique : « La 5G permet, lorsque l’on transporte des données, de le faire avec moins d’énergie. En revanche, elle augmente considérablement les débits et permet donc un usage beaucoup plus important, donc de transporter davantage de données, ce qui est beaucoup plus consommateur. Il est donc erroné d’affirmer que la 5G permettra des efforts en matière d’énergie » (4) Bref, « rien n’est moins sûr » (5) pour paraphraser un journaliste de Réseaux & Télécoms…

Au-delà de ce coût énergétique direct, il y a également le coût indirect en énergie et en ressources non renouvelables lié à la fabrication des infrastructures et terminaux 5G. À défaut d’études précises, en compilant diverses sources, Gauthier Roussilhe évalue celle-ci à 6,6 à 13,1 millions de nouvelles antennes, 16,7 milliards d’objets connectés, 900 millions à 3,3 milliards de smartphones dans le monde d’ici 2025.

 

 

 

 

 

 

 

 

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