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Zoo de Beauval : quand un DGS aide à gérer des pandas

04/08/2015 | par Denis Courtois | Toute l'actualité

Un panda géant dans un zoo ©wikicommons

Un panda géant dans un zoo

Depuis plus de 20 ans, le zoo de Beauval ne cesse de se développer. Dans ce domaine, cette petite entreprise gère parfaitement sa poussée de croissance. Mais quand il s’agit de gérer les demandes de subventions, la dette ou les relations avec les financeurs publics, on sort un peu de la culture maison. Quoi de mieux alors que de faire sortir un DGS de sa retraite pour prêter main-forte ?

Quand le zoo de Beauval (Loir-et-Cher) a ouvert ses portes en 1981, il ne s’attendait sans doute pas à connaître un tel développement. Quelques années auparavant, Daniel Lecoffre prenait son premier poste de DGS, à 26 ans, dans une commune de 3 500 habitants. Ces deux destinées se sont croisées 25 ans plus tard et une envie de travailler ensemble est vite née, retardée par l’arrivée des pandas et quelques aléas d’une vie de DGS bien remplie.

Installé en 2001 à Saint-Aignan-sur-Cher, commune où est situé le zoo de Beauval, le DGS de la ville fut vite confronté aux demandes consécutives à cette envie de développement du zoo. Réglementation en matière d’urbanisme, réseaux d’alimentation, d’évacuation des eaux usées et pluviales, circulation… sont autant de sujets incontournables qui sont traités au niveau de la commune pour faciliter le développement de cette (de moins en moins) petite entreprise.

Après quelques années de travail en commun, Daniel Lecoffre eut une «première approche» du directeur : «il me faudrait quelqu’un comme toi en adjoint pour développer le zoo». À 7 ans de la retraite, Daniel Lecoffre «ne voyait pas bien ce qu’il pouvait apporter à cette entreprise» et trouvait indélicat de quitter sa collectivité 3 ans après y être arrivé à mi-mandat.

En 2008, Beauval inaugurait son premier hôtel, la veille du premier tour des municipales. Le lendemain, le maire sortant était battu et le DGS choisit de poursuivre sa carrière dans une commune plus importante – Montrichard – à quelques kilomètres de Saint-Aignan.

«J’ai des dossiers de demande de subvention à monter et je ne sais pas faire !»

C’est par cet appel au secours que Daniel Lecoffre est relancé en 2011 par Rodolphe Delord, le directeur du parc zoologique. Cette fois-ci, le DGS, qui a annoncé son départ à son maire pour 2012, voit mieux la contribution qu’il peut apporter au zoo et a envie de se laisser tenter. Quelques mois après son arrivée en retraite, après un stage d’observation de quinze jours, retardé semaine après semaine en raison de l’arrivée des pandas, il «signe» un contrat de collaboration de 10 mois avec le zoo à raison de deux jours par semaine.

Le montage des dossiers pour la recherche de financements est un savoir-faire que les DGS acquièrent rapidement mais dont certaines logiques demeurent incompréhensibles pour les entrepreneurs. Ainsi, quand une région pose ses règles («nous n’aidons que si c’est une PME qui n’excède pas 250 salariés»), cela laisse interrogatif un patron qui frôlera ce seuil après le développement de son parc et qui comprend mal ce frein à la création d’emploi.
Mais surtout, quand la région demande un engagement départemental pour accompagner le projet et que le département demande un même type d’engagement au niveau de la communes ou de la communauté de communes, le patron, qui pense en priorité aux délais d’ouverture, peut avoir envie de jeter l’éponge.

 Un DGS, plus au fait des «démarches partenariales entre institutions» est fort utile pour trouver les arguments à même de convaincre les différents financeurs.

 

Une organisation tournée vers le développement mais moins présente sur la gestion

Un DGS, qui est plus au fait des «démarches partenariales entre institutions» est là fort utile pour donner et trouver les arguments à même de convaincre ces différents financeurs. «En calculant l’augmentation de la taxe de jour à la communauté de communes dans les années à venir, j’ai pu facilement démontrer à ces élus l’intérêt que l’EPCI se lance dans ce projet», explique Daniel Lecoffre à La Lettre du cadre. Pour un investissement global de 20millions d’euros, l’apport en subventions d’1,4 million amortira largement le choix de confier ce dossier à un ex-directeur général des services.

Le financement des investissements a permis également à l’ex-DGS, de mettre en pratique son expérience passée de négociation des emprunts. Le refinancement du stock de dette ancienne au moment du lancement des extensions prévues a permis ainsi d’économiser globalement 240 000 euros d’intérêts. C’est également au travers de la négociation sur les fournitures de fluides et la gestion des chaufferies que l’apport de Daniel Lecoffre a été apprécié. «20 ans de contrat renouvelé par tacite reconduction», c’est ce que j’ai constaté en ouvrant le dossier de fourniture de gaz et d’électricité de Beauval nous dit l’ex-DGS.

 «L’absence de contraintes liées aux marchés publics et à la tutelle nous donne une grande liberté d’action».

«J’utilise mon expérience passée à 200%»

«L’absence de contraintes liées aux marchés publics et à la tutelle nous donne une grande liberté d’action» estime Daniel Lecoffre, qui ajoute, encore tout étonné de cette facilité : «il faut le vivre pour le croire».

Il comprend mieux désormais pourquoi l’administration est ressentie comme étant un frein par les entrepreneurs et pourquoi ces derniers ne voient pas en elle une aide. Au contraire, le fonctionnaire est plutôt perçu comme quelqu’un qui est là pour faire appliquer un texte, voire l’interpréter…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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