115 : le scandale

La Rédaction

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Plus de la moitié (58%) des demandes d'une place en hébergement d'urgence formulées cet hiver auprès du Samu social (115) par des personnes ou familles sans domicile suivies par Médecins du Monde n'ont pas reçu de réponse, selon une enquête réalisée par l'association. En janvier et février, "nos équipes ont au total effectué 190 signalements" au 115, ce qui représente 213 personnes dont 23 familles avec 66 enfants, explique MDM dans cette étude publiée mardi et portant sur sept villes (Saint-Denis, Marseille, Strasbourg, Grenoble, Lyon, Montpellier et Toulouse).
"58% n'ont pas été hébergées", selon l'association. Parmi les 123 personnes restées à la rue, il y a surtout des familles, des enfants, des femmes enceintes, des personnes malades et des sans-papiers, affirme MDM.
"L'absence de places disponibles demeure la raison majeure du non-hébergement" même si les refus peuvent aussi être motivés par des problèmes de comportement/alcoolisme ou encore la présence d'un chien (3%), selon MDM.
Samedi, le plan hivernal d'ouverture de places supplémentaires par l'Etat dans les centres d'hébergement d'urgence doit prendre fin. MDM dénonce une "gestion au thermomètre (...) inadéquate" alors que les problèmes sont persistants et ne s'arrêtent pas avec l'arrivée du beau temps.
Plus généralement, "une part non négligeable (de sans-abri, soit 18%, NDLR) ne désire pas que les équipes appellent le 115 même quand ces personnes sont dans des situations très précaires", en raison des violences, vols, du manque d'hygiène et de la promiscuité dans ces centres, mais aussi de leur éloignement géographique (ce qui nécessite de payer le transport) ou de l'impossibilité d'y dormir en couple ou en famille.
"Le principe de l'inconditionnalité de l'hébergement n'est pas respecté", regrette MDM.
A cela s'ajoute que la vulnérabilité des personnes semble "difficilement prise en compte", note MDM: aucune des sept femmes enceintes dormant dans la rue et soignées par l'association n'a ainsi trouvé de place via le 115. C'est aussi le cas pour 58% des mineurs étrangers non accompagnés, 43% des personnes malades et 62% des femmes en général.

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