À Carpentras, les parents retardataires passent à la caisse

Stéphane Menu

Sujets relatifs :

, ,
À Carpentras, les parents retardataires passent à la caisse

Argent_sablier

© sergign

Dans la ville du Vaucluse, les parents doivent récupérer leur enfant à l’école à 18h. Passé cette heure, ils seront sanctionnés de 5 euros par quart d’heure de retard. Une mesure impopulaire, assume la mairie, mais nécessaire pour responsabiliser les parents.
La mairie de Carpentras, gérée par le socialiste Francis Adolphe, sait que la menace est le meilleur moyen de responsabiliser les parents. Les retardataires auront à payer 5 euros par tranche de quinze minutes, au-delà de 18 heures, s’ils ne sont pas venus récupérer leur enfant à temps.Depuis la rentrée de septembre, pour faire face aux tarifs de la réforme sur les rythmes scolaires, la mairie a mis en place un « forfait pour retard en fin de service ». En clair, les parents qui viennent chercher leur enfant après la clôture du centre de loisirs associé à l’école (Clae) devront passer à la caisse.

20 000 € par an pour la mairie

Cette décision impopulaire n’a pas été prise au hasard. Lorsque la mairie emploie des fonctionnaires pour assurer les temps périscolaires, l’accumulation des retards finit par peser d’un poids certain sur le budget. « Nous nous sommes aperçus que nous avions de plus en plus de parents retardataires et cela engendrait un coût supplémentaire : 10 € le quart d’heure, soit 20 000 € par an pour la collectivité », assure un représentant de la mairie à La Provence.
La mairie paie des agents pour assurer les temps périscolaires, l’accumulation des retards finit par peser lourd sur le budget.
Pour l’heure, la menace n’a pas encore été mise à exécution : « Pour l’instant, nous sommes dans la phase pédagogique, éducative et préventive, assure Francis Adolphe à La Provence. Et le simple fait de parler avec les parents pour les inciter à être vigilants a permis de réduire de moitié le nombre de retards par rapport à l’an dernier ».

Une majoration plutôt qu’une amende

Sur un plan strictement légal, cette amende de 5 euros s’apparente plutôt à une majoration, de celle que l’on applique par exemple aux familles qui réservent hors délais les repas à la cantine pour leurs enfants.
Ce « forfait pour retard » est légal, apparaissant dans le règlement intérieur du temps périscolaire.
Ce « forfait pour retard » est légal, apparaissant dans le règlement intérieur du temps périscolaire (compétence de la ville), avec une délibération votée en juin dernier en séance publique par le conseil municipal.

Un phénomène qui s’étend

Cette marche en avant vers la responsabilisation des parents semble faire des émules. Récemment, la ville de Pontault-Combault, en Seine-et-Marne, a décidé d’appliquer une amende pour sanctionner les parents d’élèves arrivant en retard pour venir chercher leurs enfants à l’école, de façon répétée. À la troisième fois, les parents manifestement retardataires seront sanctionnés. Ces amendes à venir varieront selon le quotient familial, et seront ainsi comprises entre 5 et 35 euros.
Cette marche en avant vers la responsabilisation des parents semble faire des émules.
La même pratique est en vigueur depuis 2013 à Montpellier, qui applique une amende de 8 euros pour les parents arrivant en retard. À Bourogne (territoire de Belfort, Franche-Comté), la sanction est de 5 euros pour chaque quart d’heure de retard. Comme à Carpentras, la menace fait souvent effet : à Asnières, où le dispositif est également de vigueur, la mairie a observé un recul des retards de 15 % au bout de quelques semaines et de 30 % le mois suivant.

Recevez votre newsletter hebdo gratuitement

Nous vous recommandons

L'oeil du DGS : "Le mirage de l'innovation publique"

L'oeil du DGS : "Le mirage de l'innovation publique"

Le public a-t-il vraiment besoin d'utiliser à l'envi le concept d'innovation, tout droit venu du secteur privé ? Dans ce nouveau billet de la rubrique "L'oeil du DGS", une cadre territoriale nous rappelle que les collectivités, par...

06/12/2021 | ExpérienceActus
Arnaud Bontemps : " Nous sommes confrontés à cette incapacité à faire correctement notre travail"

Interview

Arnaud Bontemps : " Nous sommes confrontés à cette incapacité à faire correctement notre travail"

Éditorial : Après le congrès des maires : où en est la décentralisation ?

Éditorial : Après le congrès des maires : où en est la décentralisation ?

L'oeil du DGS : "Inclusion, un mot que j'adore"

L'oeil du DGS : "Inclusion, un mot que j'adore"

Plus d'articles