Afrique : cri d'alarme sur le scandale du pillage des terres et de l'eau

La Rédaction

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Alors que l'Afrique a connu au siècle dernier une colonisation pour piller les matières premières (les produits agricoles, les minéraux, les ressources énergétiques), ce continent connaît une nouvelle vague de colonisation avec le pillage des terres et de l'eau. C'est le constat sans appel que fait l'ONG « Grain » dans son rapport publié récemment.

Ainsi, l'Arabie Saoudite a acquis des millions d'hectares de terres arables en Éthiopie car elle n'a pas assez d'eau pour faire pousser ses récoltes.

Les entreprises indiennes sont dans la même situation. La révolution verte engagée en Inde a entrainé une gestion non durable des ressources en eau avec une irrigation non maitrisée. Résultat, les nappes l'ont plus de réserves et l'Inde a fait le choix de délocaliser sa production alimentaire dans des pays qui ne manquent pas d'eau (au moins aujourd'hui). Grain rappelle que lors d'une conférence récente à Londres,  un investisseur britannique indiquait que la terre africaine ne coûte pas cher et qu'en plus « ce n'est pas la terre qui a de la valeur, mais l'eau ».

Le continent africain possède d'énormes ressources en eau : les réserves de surface sont utilisées à 5 % alors que les réserves souterraines sont 100 fois plus importantes !

L'ONG Grain fait le constat que les achats et locations de terres se réalisent dans les zones qui disposent des plus grandes réserves. Dans le sud-ouest de l'Éthiopie, les investisseurs indiens, saoudiens et chinois ont pu obtenir un accès illimité à l'eau et peuvent implanter des cultures très gourmandes en eau comme le riz et le canne à sucre. Ce qui entraine de plus des déplacements de population. Même situation au Niger où l'on retrouve (en plus des 3) les anglais ou au Sénégal, au Cameroun, au Kenya avec des investisseurs français.

Inutile de dire que ce mouvement fragilise l'accès à l'eau pour les populations locales les plus vulnérables et que l'écosystème est menacé.

Un scandale qui va entrainer la multiplication des conflits d'usages locaux.

Joël Graindorge, Directeur général des services techniques.

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