Amiante à la tour Montparnasse : 200 agents vont être évacués

Christine Cathiard
Amiante à la tour Montparnasse : 200 agents vont être évacués

TOUR_MONTPARNASSE

© Janericloebe

Le dossier amiante reste infernal pour la Tour Montparnasse: citant les conclusions d'un rapport d'expert, la préfecture d'Ile-de-France a mis en cause l'organisation des travaux dans les pollutions récentes, la région annonçant dans la foulée l'évacuation de ses 200 agents.
Les quelque 300 copropriétaires (sociétés, investisseurs ou particuliers) du bâtiment où travaillent environ 5.000 personnes ont réagi en soulignant qu'il n'y avait "actuellement pas de risque sanitaire" dans la Tour, où "tous les travaux de désamiantage sont arrêtés". Un expert avait été mandaté à la suite d'un arrêté préfectoral pris le 13 août 2013, après des dépassements répétés des seuils de pollution autorisés pour la fibre cancérigène (plus de 70 depuis 2009). Ces dépassements avaient conduit des entreprises (Amundi et brièvement CNP Assurance) à évacuer par précaution le célèbre édifice parisien.

Des lacunes dans le désamiantage

Dans son rapport définitif, remis mercredi, l'expert "établit que le dispositif de désamiantage" mis en place par les copropriétaires présente "un certain nombre de lacunes", a indiqué la préfecture d'Ile-de-France. Il confirme aussi que la ventilation a constitué une source de diffusion d'amiante dans la Tour. Dans la foulée de ce rapport, la région Ile-de-France a annoncé que ses 200 agents travaillant dans la Tour allaient commencer à quitter "dès ce jour" le bâtiment, "considérant le risque sanitaire".

Management du risque amiante

Mais les copropriétaires soulignent que ce déménagement "avait été décidé depuis plusieurs mois " et notent qu'"aucun élément nouveau n'en est aujourd'hui la cause". Ils devaient organiser une conférence de presse en présence de l'expert dans l'après-midi. La préfecture a souligné de son côté que l'Etat demandait aux copropriétaires "d'engager la mise en oeuvre des conclusions du rapport d'expertise dans un délai de deux mois". Il s'agit notamment de créer "une cellule dédiée au management du risque amiante" pour piloter les futurs travaux et de réaliser, avant le 13 février, un "état complet et précis des parties du site comportant encore de l'amiante".

Evacuation en cas de pollution

La préfecture souligne que les travaux, suspendus depuis le mois d'octobre, "ne pourront reprendre que lorsque les préconisations de l'expert (...) auront été effectivement mises en oeuvre" et précise que "l'Etat publiera un arrêté d'ici deux mois, prescrivant le cadre" de leur reprise. En attendant, la préfecture rappelle que l'arrêté du 13 août prévoit des "mesures régulières d'empoussièrement" et "une évacuation des locaux" en cas de dépassement du seuil de pollution de cinq fibres par litre.Des travaux depuis 7 ansLes travaux de désamiantage de l'édifice de 210 mètres de haut ont démarré il y a sept ans et ont déjà coûté quelque 250 millions d'euros aux copropriétaires. Ils ne doivent pas s'achever avant 2017. Dans son rapport d'étape en décembre, l'expert avait déjà relevé que les gaines d'aération avaient véhiculé de l'amiante lorsque des travaux avaient eu lieu à proximité. Les copropriétaires avaient alors évoqué une note "rassurante", le président du syndicat de copropriété, Jean-Marie Pierrel soulignant auprès de l'AFP que les pollutions étaient "ponctuelles" et liées aux chantiers, donc qu'il n'y avait "pas d'exposition généralisée et permanente".

Trop bonne élève 

Il avait fait valoir que la Tour subissait ces incidents parce qu'elle était "trop bonne élève" en multipliant les contrôles et en allant au delà de ses obligations en matière de désamiantage. De son côté, l'Association des victimes de l'amiante (Andeva) avait estimé que cela démontrait qu'il était déraisonnable de vouloir désamianter "par petits morceaux" un tel bâtiment, un responsable appelant la préfecture à "forcer les copropriétaires" à désamianter d'un bloc et donc à évacuer la Tour.

100.000 décès d'ici à 2025 

Dans ce dossier, qui avait terni à l'automne le 40e anniversaire de l'édifice, une information judiciaire a en outre été ouverte le 4 octobre par le parquet de Paris, notamment pour "mise en danger de la vie d'autrui", tandis que plusieurs dizaines de salariés ont déposé un dossier aux prud'hommes pour faire valoir un "préjudice d'anxiété". Isolant utilisé dans le bâtiment, l'amiante pourrait provoquer, selon les autorités sanitaires, quelque 100.000 décès d'ici à 2025.

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