Après l'élection présidentielle: quoi faire?

La Rédaction

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Les économies nécessaires dans les forces de police ne forment pas une politique policière. Une véritable réforme reste à faire.

Les réformes conduites jusqu'à présent l'ont été principalement sous contraintes budgétaires, en partie créées par le ministre de l'Intérieur Sarkozy qui avait recruté et augmenté le coût du personnel policier, mais pas seulement. Ces réformes étaient conservatrices finalement puisqu'il s'agissait de faire moins cher, sans changer le système.
Il conviendra de commencer par concentrer les moyens là où la population en a le plus besoin. Il faut en finir avec la pratique du gouvernement qui décrète des zones prioritaires puis les oublie. On sait que la police n'est pas répartie sur le territoire en fonction de la pression de la délinquance. On sait que les policiers travaillent le jour et les délinquants la nuit. On sait que les zones défavorisées le sont aussi en matière de couverture policière. Le prochain président devra éviter saupoudrer les moyens dont il dispose en fonction de l'influence politique de celui qui lui fait la demande mais bien de l'urgence pour les citoyens, ne pas être tenté de servir ceux qui peuvent lui servir mais bien ceux qu'il a été élu pour servir.
Mais, il faudra aller plus loin. En matière de sécurité publique, il faut préparer une véritable réforme du système de police français. Comment refonder un système aussi lourd et centralisé que le notre ? Lorsque le regarde de manière comparée, le système français frappe par sa double centralisation. Les chefs "civils" et "policiers" sont tous les deux reliés à Paris. Le préfet est une invention de Napoléon. Et la police nationalisée est une création de Vichy, par une loi de 1941 qui n'a pas même été votée par le Parlement. Elle a fait du commissaire le chef des forces opérant localement (à l'époque la Police Régionale d'Etat) qui rend compte à Paris, inventant la "double centralisation". Ses fondateurs ne sont pas de grands démocrates. La structure du système français est donc datée, et marquée par une emprunte autoritaire.

Cette structure doit évoluer, pour vivre en accord avec la société plus décentralisée qui s'est imposée depuis 1982. Il faut aussi que les buts ultimes de la police soit modernisés. La constitution française ne dit pas que la police est un service public qui a le devoir de garantir les libertés publiques. La notion de service local aux usagers n'existe pas organisationnellement dans la police. L'obligation d'associer la population aux politiques locales manque. De telles références juridiques aident à aller de l'avant.
La police a été faite pour servir le pouvoir central. Le ministère de l'Intérieur nourrit, promeut et sanctionne. Actuellement, la production statistique doit être utile à Paris et servir les objectifs nationaux. La loi doit donc changer radicalement l'organisation du système de police, mais cela doit être réalisé progressivement, par étapes. Décentraliser la sécurité publique est la seule manière de la tourner vers les enjeux locaux et les usagers. L'organisation actuelle polarisée sur l'exécutif parisien interdit les changements profonds et durables.

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