Beaucoup d'obstacles parsèment les chemins de l'éducation artistique

La Rédaction

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Sur le terrain de l'éducation, l'espace médiatique ne bruisse que de la question des rythmes scolaires des enfants, réforme en soi très légitime mais qui s'est mal enclenchée... pour finalement se retrouver combattue, tant par les enseignants (qui n'ont jamais vu d'un bon oeil que les collectivités empiétent sur leur domaine, ni que leur propre rythme soit  réformé sans avantage financier à la clé)... que par nombre de collectivités obnubilées par la question du financement du dispositif, ce que l'on peut comprendre puisque l'aide de l'Etat ne durera que deux ans seulement... La question budgétaire est donc devenue centrale, en empêchant toute réflexion locale sur l'intérêt de plans éducatifs territoriaux. Dur dur de vouloir réformer en période de crise...

De ce fait, doit-on admettre que la question de la généralisation de l'éducation artistique dans le temps scolaire soit  déjà derrière nous (comme l'est la structure interministérielle  auprès du Premier Ministre qui devait piloter cette politique) ? Le rapport de la consultation (menée au pas de charge du 21 novembre au 7 décembre) a eu le mérite d'exister et de rendre compte de l'existant (souvent riche) et des attentes des acteurs : "Il a le mérite de la vitesse et de la densité", estime Yves Pérennou dans la Lettre du spectacle (n° 311) mais "ne va jamais jusqu'au fond des sujets".

Et c'est vrai qu'il convient de mieux définir et faire valider les "parcours" d'éducation artistique et culturelle, notion  désormais inscrite dans la loi d'orientation sur la refondation de l'école (une avancée qu'il faut saluer en soi), de développer les formations, de faciliter l'intervention des artistes (et donc des intermittents au sein des établissements scolaires), ou encore de densifieŕ un réseau de pôles de ressources. Nous aurons l'occasion de reparler prochainement de tout cela, car avec un certain nombre d'enseignants, de chercheurs et d'artistes, il nous semble qu'une initiative mérite d'être prise auprès du grand public pour que ce fameux "plan national pour l'éducation artistique et culturelle" promis par François Hollande ne fonde pas comme neige au soleil...

Les quatre territoires" prioritaires" choisis comme terrains d'expérimentation pour la généralisation l'an prochain ont été annoncés le 12 février aux DRAC : le Nord Pas de Calais, l'Auvergne, la Seine Saint Denis, la Moselle ou la Meurthe-et-Moselle. Cela dessine la perspective d'une territorialisation centrée en premier lieu sur l'appel à projet en direction des structures artistiques ( notamment en Nord Pas de Calais et Seine Saint Denis) , sans peut-être un investissement fort de l'Education nationale qui aurait été souhaitable.

Certes, quelques moyens supplémentaires (+ 8 %) ont été annoncés par la ministre de la culture pour accompagner le plan d'actions attendu. Le fait qu'ils dépendront du même programme que celui consacré à l'action culturelle peut malgré tout poser problème dans certaines DRAC dans les répartitions qui seront effectuées.

Et puis dans le même temps  la subvention 2013 du Ministère de la culture aux Conservatoires municipaux (ou d'agglomérations) va baisser de 25% (cf. la lettre envoyée le 23 janvier puis la motion des Directeurs des Conservatoires de musique, danse et théâtre (CRR et CRD) adhérents à « Conservatoires de France » à la ministre de la Culture. Si les régions s'étaient emparées de la loi de 2004 et avaient accepté le transfert des crédits de l'Etat pour les cycles d'orientation professionnelle, sans doute les Conservatoires ne vivraient-ils pas pareil désengagement aujourd'hui..

Et qu'en est-il du monde associatif ? le Printemps des Poètes va certes se dérouler encore en 2013 mais il a été menacé par un retrait de 60 000 ¤ en 2012 de la part du ministère de l'Éducation Nationale. Les JMF ("Elèves au concert") ont de quoi s'inquiéter, tandis que l'ANRAT (parcours Transvers'Arts) ne sait pas de quoi sera fait son avenir à l'expiration de sa convention fin 2013 (la DGCA doit en effet faire 400 000 euros d'économies sur ce sujet si prioritaire). Leur point commun est pourtant de proposer des actions reconnues par tous en éducation artistique, des formations et des espaces de réflexion.

Alors l'heure n'est pas à baisser les bras, mais plutôt à exercer, chacun de la place qui est la sienne, la vigilance nécessaire pour que cette belle cause avance dans le bon sens.

François Deschamps

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