Benoît Simian : « Les associations d’élus sont dans la posture »

Stéphane Menu

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Benoît Simian : « Les associations d’élus sont dans la posture »

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Le Cercle girondin des territoires vient de voir le jour dans les rangs de la majorité LREM, porté par les députés du Médoc, Benoît Simian, et des Hautes-Pyrénées, Jean-Bernard Sempastous. Le principe ? « Être la jambe des territoires de la majorité, un outil de réflexion de la majorité ». Dans le viseur ? Le discours des associations d’élus qui fustigent la politique gouvernementale en direction des territoires.

Vous lancez le club des « Girondins » à l’intérieur de votre groupe LREM. Pourquoi ?

Visiblement, l’opinion nous reproche un manque d’ancrage local. Pourtant, au sein de notre majorité, nous comptons un certain nombre d’élus locaux et d’anciens maires, très enracinés dans leur territoire. D’où l’idée de créer ce club de réflexion, pour rappeler que tout ne se règle pas à Paris. Au-delà de ce constat, quand j’entends dire que les dotations aux collectivités baissent, je dis stop ! Je considère que l’on raconte n’importe quoi, que c’est faux et insincère au regard de la réalité. Il y a au contraire une amélioration avec le choix d’un statu quo sur les dotations et le renforcement de certaines, comme la dotation d’équipements aux territoires ruraux. Jamais un gouvernement n’a autant fait pour les territoires, il est utile de le rappeler, tout en tenant informés les ministères parisiens de ce qui se passe au niveau local.

Jamais un gouvernement n’a autant fait pour les territoires, il est utile de le rappeler

Ce n’est pas le sentiment que les associations d’élus expriment…

Je le regrette et ces associations font de la politique politicienne. Il fut un temps où tel n’était pas le cas, où elles étaient plus forces de propositions, dans un souci de transversalité politique. Ce temps est révolu. Je souhaite que ces associations tiennent un discours de vérité. Dans les couloirs de l’Assemblée, les élus de terrain nous assurent que ce gouvernement chemine dans la bonne direction. Puis, devant les télés, le discours n’est plus le même. Les membres de ces associations sont dans la posture et ce n’est pas tolérable. Nous devons rétablir la vérité sur ce que nous faisons.

Halte au #balancetonmaire
La tension est vive entre l’Association des maires de France et la majorité LREM. Alors que Gérald Darmanin a rendu publique une liste permettant d’identifier les maires qui avaient augmenté la TH, l’association fustige une campagne de « dénigrement irresponsable » des maires sur les réseaux sociaux et incrimine « le gouvernement et le parti majoritaire ». Dans un manifeste, le Cercle girondin prend ses distances avec cette initiative : « les maires sont, chacun en est persuadé, le maillon essentiel du lien social sur nos territoires […], des bénévoles de la République. Nous avons à cœur de les soutenir dans l’exercice de leur mandat », peut-on lire dans cette prise de position.

En quoi la démarche du gouvernement est-elle plus vertueuse qu’avant ?

La contractualisation que nous avons actée avec un certain nombre de grandes métropoles a permis de donner de la perspective aux communes rurales. Le discours sur la suppression de la taxe d’habitation n’est pas tenable puisque l’État a compensé à l’euro près. Tout le monde, de gauche à droite, convenait que cette TH n’était plus admissible puisqu’elle reposait sur des valeurs locatives des années soixante-dix. Nous avons donc là réalisé un grand saut qualitatif en matière d’équité fiscale et je ne supporte pas que des critiques pleuvent de tous les côtés.

Le discours sur la suppression de la taxe d’habitation n’est pas tenable puisque l’État a compensé à l’euro près

À quoi va servir votre club de réflexion ?

À fournir des analyses venues du terrain, dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, des mobilités… Nous souhaitons aider le président de la République à mettre en place ce pacte girondin. Emmanuel Macron est favorable au principe d’une différenciation territoriale, que Nicolas Sarkozy n’avait fait qu’expérimenter en son temps. Si quelque chose marche à tel endroit, pourquoi ne pas le conserver sans être obligé de le généraliser ? Tous les quinze jours, le groupe d’une trentaine de parlementaires qui forment ce club se retrouve pour faire avancer des projets utiles aux territoires. Nous avons la chance de compter dans le gouvernement, avec Sébastien Lecornu, ministre en charge des Collectivités territoriales, et Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités, deux ministres qui connaissent le terrain et savent l’importance qu’il y a à miser sur la richesse des territoires.

Benoît Simian, député LREM
Âgé de 34 ans, titulaire d’une maîtrise de droit, Benoît Simian est élu local depuis 2008. Il est conseiller communautaire de la communauté de communes Médoc Estuaire, conseiller au Pays Médoc et devient maire de Ludon-Médoc en 2014.
Il a rejoint le mouvement En Marche ! et est élu en juin 2017 député de la 5e circonscription de la Gironde.

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