Caumont négocie une mutuelle à bas prix pour ses habitants

Stéphane Menu

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Caumont négocie une mutuelle à bas prix pour ses habitants

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Par la foi inébranlable d’une élue, une commune du Vaucluse a réussi à négocier des tarifs de mutuelle très avantageux en mobilisant plus de 250 foyers. La première mutuelle de solidarité est née.

«Je prends toujours les journalistes au téléphone. C’est grâce à eux que nous avons réussi notre pari». Véronique Debue, adjointe aux Affaires sociales et vice-présidente du centre communal d’action sociale de Caumont-sur-Durance (Vaucluse), n’a pas pour habitude de biaiser. Quand une difficulté surgit, elle l’affronte. À Caumont, petit village de 4 600 âmes, cette élue sans étiquette (même si son cœur penche plutôt à gauche) en avait marre de croiser des habitants maugréant sur leurs frais de santé : «au CCAS, la santé est devenue une préoccupation majeure. Ce n’était plus supportable». Ici, un gamin en situation de handicap ne peut acheter des chaussures orthopédiques ; là, de vieux retraités laissent leur dentition aller à vau-l’eau. «Ils n’ont plus les moyens financiers, me disent-ils, alors que le droit à la santé est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme !».

Une élue-citoyenne

Véronique Debue a donc pris les choses en main. «Ce n’est pas l’élue qui s’engage, puisqu’une conseillère municipale n’a pas de prérogatives en matière sociale. C’est la citoyenne. En France, près de 4 millions de personnes seraient sans mutuelle. Ça suffit !». Elle lance l’idée de négocier une mutuelle groupée, et donc plus abordable pour les habitants. Le CCAS a réagi, expédiant un courrier aux habitants pour savoir s’ils soutenaient l’idée : 205 foyers ont répondu par l’affirmative, soit environ 700 personnes ! «Tout le monde était prêt à adhérer à une mutuelle ou à en changer !».

Comité de pilotage

Un comité de pilotage se met alors en place, composé de l’élue, de deux membres du CCAS mais aussi des bonnes volontés «professionnelles» du village, à savoir un dentiste, un pharmacien, un prothésiste auditif, un kinésithérapeute, une infirmière libérale, une secrétaire médicale, un cadre de l’industrie retraité, un retraité de l’Éducation nationale, un étudiant en commerce, un journaliste, une avocate, le directeur des services de la mairie. Les tarifs de douze mutuelles ont été minutieusement examinés, ainsi que leurs prestations. «Il faut savoir lire entre les lignes. C’est un langage abscons», sourit l’élue. Alléchées par l’idée de décrocher un contrat, certaines mutuelles sont venues aux nouvelles sans être sollicitées.

«En France, près de 4 millions de personnes seraient sans mutuelle. Ça suffit !»

47 euros par mois

C’est finalement la Mutuelle générale d’Avignon (MGA) qui a été retenue. «Le nombre important de nouveaux adhérents potentiels a poussé les mutuelles à nous proposer des tarifs avantageux», insiste Véronique Debue. Alors que la MGA compte 8 000 adhérents, le contrat proposé aux habitants de la municipalité a déjà permis de fédérer 240 adhérents de plus. «Pour 47 euros par mois et des remboursements rapides. La MGA tiendra ses engagements. Nous avons fait une petite enquête avant de signer, ils sont sérieux», plaisante l’élue. En attendant, devant la permanence de la mutuelle, il n’est pas rare que les files d’attente s’étirent le long du trottoir. «Les demandes ne cessent d’affluer», conclut Véronique Debue.

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