Choisis ton camp, camarade !

La Rédaction

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Depuis quelques scrutins, pour dégager une majorité, il convient d'avantage de rallier des personnalités du camp d'en face que d'agréger des partis politiques, comme il convenait jusqu'alors. Cette métamorphose politique a pourtant un prix, qui pourrait être fort coûteux.

A quelques mois de la présidentielle, c'est le temps des ralliements. Cet exercice n'est certes pas inédit, il n'empêche qu'il est de plus en plus fréquent depuis les derniers scrutins, preuve une nouvelle fois d'une crise politique que traversent droite, gauche et les autres.

Ainsi, la présidentielle de 2007 s'était gagnée sur un rassemblement, comme souvent. Si auparavant il s'agissait d'agréger l'extrême gauche à la gauche ou le centre droit à la droite pour s'assurer d'une majorité (je ne parle pas ici des exercices qui consistent à faire entrer les extrêmes dans le jeu pour déstabiliser l'adversaire), Nicolas Sarkozy a apporté une technique plus massive de confusion gauche-droite autour de belles prises.

Les Eric Besson (seul survivant de l'époque), Bernard Kouchner, Fadela Amara et Martin Hirsch, notamment, ont été happés pour prouver que Nicolas Sarkozy n'était pas un homme de droite mais l'homme dont toute la France avait besoin, gauche incluse. Tout cela sur un fond, partagé d'ailleurs par la gauche, de confusion idéologique en affirmant que le pragmatisme était supérieur au clivage gauche-droite.

Les motifs d'acceptation des uns et des autres de ce grand écart étaient variables. Eric Besson y voyait l'occasion de se construire une carrière (il n'était pas vraiment connu outre les initiés auparavant), Bernard Kouchner y a trouvé le poste aux affaires étrangères qu'il a toujours voulu mais que les socialistes n'ont jamais été en mesure de lui donner etc.

Ces derniers ont donc réussi à décomplexer chacun du demi-tour complet. De la révolution politique totale.

En 2012, rebelote. Pour le moment, c'est François Bayrou qui semble le plus séduisant pour toutes celles et ceux qui ont la bougeotte. Entre ralliements annoncés, ralliements prévus, ralliements effectifs et même menaces de ralliement (Christine Boutin), le Modem reprend des couleurs, lui dont l'orange avait quelque peu terni entre deux élections.

Il n'en demeure pas moins que cette bougeotte, quelle qu'elle soit, ne redore pas le blason de l'exercice politique. Ainsi, la menace de Christine Boutin de soutenir François Bayrou si elle n'obtient pas ses signatures pour se présenter elle-même en est un triste symbole. A quoi se mesure un engagement politique ? A la possibilité de se présenter à une élection ou à une communion d'idées et de projet avec un candidat ?

François Hollande a effectué toute la campagne des primaires socialistes en disant qu'il se sentait "prêt" à se présenter, et que c'était le "moment". Comme si le destin de tout politique l'appelait à un moment à se présenter à l'élection présidentielle. Comme si le destin individuel d'un homme prévalait sur le reste. Ce destin, s'il existe, a trop tendance à être confondu avec une carrière.

On savait l'électeur versatile, on ne saurait que trop encourager le personnel politique à en faire de même. Sous peine de confusion totale et d'émergence de ceux qui n'attendent que cela pour tirer leur épingle d'un jeu qui pourrait vite devenir malsain.

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