Comment Manuel Valls a imposé le travail le dimanche à Anne Hidalgo

Nicolas Braemer

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© Remi Jouan

En marge de l'adoption de la loi Macron s'est joué un psychodrame. Dans la capitale, Anne Hidalgo a été dépossédée de tout pouvoir de décision sur le travail du dimanche. Les grands magasins ouvriront sans limites. La maire de Paris n'aura qu'à nettoyer les trottoirs.

On connaissait les réticences de la maire de Paris vis-à-vis des mesures sur le travail le dimanche contenues dans la loi Macron, qu’elle jugeait inutiles et inappropriées à la capitale. Mais Manuel Valls et Emmanuel Macron ont fait la sourde oreille…

Pire, ils lui ont infligé un véritable camouflet. Le texte initial prévoyait que, dans la capitale comme ailleurs, le maire devait donner un avis conforme. Mais au cours des débats, et devant les réticences d’Anne Hidalgo, relayées dans l’hémicycle par certains députés frondeurs, Manuel Valls et Emmanuel Macron ont fini par se dire que donner à la maire de Paris un droit de veto sur l’ouverture le dimanche risquait de fâcher certains amis propriétaires de grands magasins dans la capitale.

Donner à la maire de Paris un droit de veto sur l’ouverture le dimanche risquait de fâcher certains amis propriétaires de grands magasins dans la capitale.

Ils ont donc inventé des « zones touristiques internationales » (ZTI), où le travail du dimanche (mais aussi en soirée jusqu’à minuit) sera autorisé toute l’année et également en soirée. À Paris, ces ZTI couvriront les Champs Elysées, le quartier des Grands Magasins, et peut-être les Halles ; on devrait également en trouver à Nice et Cannes. Et dans ces zones donc, le maire n'aura pas d'avis à donner, il est dépossédé du droit de dire son mot. En revanche, il aura le droit de prévoir (et de payer) le nettoyage de voirie et tous les services urbains qui doivent accompagner ce genre d'ouverture.

Le pire pour Anne Hidalgo, c’est qu’on a attendu qu’elle ait donné son accord à l’organisation des Jeux Olympiques à Paris, idée à laquelle elle était réticente, avant de lui infliger cette avanie. Pas étonnant qu’elle ait qualifié la mesure de « recul démocratique ».

Lire à ce sujet l'édito de La Lettre du cadre du 1er mars : http://www.lettreducadre.fr/10808/loi-macron-der…ous-les-etages

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