Communication : les TIC viennent à l'aide de la démocratie

Xavier Delengaigne
Communication : les TIC viennent à l'aide de la démocratie

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E-pétition, sondages en ligne, wiki-citoyens... Le web 2.0 met désormais au service des collectivités de nombreux outils pour permettre l'expression des habitants. Une nouvelle démocratie pourrait en naître. Panorama des outils disponibles.
En 2011, la communauté d'agglomération Caen-la-Mer a remporté le trophée français de l'e-démocratie pour son initiative Geemik, une opération basée sur la technologie sans contact, NFC ((« La communication en champ proche (Near Field Communication), habituellement appelée NFC, est une technologie de communication sans-fil à courte portée et haute fréquence, permettant l’échange d’informations entre des périphériques… » http://fr.wikipedia.org/wiki/Communication_en_champ_proche)), pour booster son site web. Mettre en place des outils TIC pour favoriser la démocratie n'est pas forcément coûteux, il est d'ailleurs possible de s'appuyer sur des services en ligne gratuits.

Proposer des outils TIC pour engager la conversation

Certaines collectivités proposent d'ores et déjà des sites web dédiés pour promouvoir la démocratie participative. La collectivité pourra également mettre en place des outils pour favoriser la participation citoyenne. Elle s'appuiera le cas échéant sur le service citoyenneté et sur le service informatique.De nombreux outils sont envisageables :- Les sondages et panels : exemple : la ville de Valenciennes dispose sur son site web d'un outil de panel citoyen.- E-pétitions : la ville de Paris a lancé un site pour recueillir des pétitions sur des domaines divers et variés.Exemple de e-pétition : Interdiction du Wifi dans les jardins publics à proximité des crèches et des écoles.- Le vote coloré ou de priorisation : la communauté de communes de l'Atrébatie avait mis en place un vote de priorisation pour un projet d'implantation d'éoliennes sur son territoire.- Les extranets : la ville de Roubaix a mis en place un extranet nommé La Fabrique pour favoriser les échanges avec les citoyens engagés dans un processus de démocratie participative comme dans le cadre des comités de quartier.- Les Wiki : la ville de Liévin dans le Pas-de-Calais a lancé un wiki citoyen. Toutefois, les wiki sont plus difficiles à utiliser avec un public qui n'est pas habitué aux TIC. La plupart d'entre eux nécessitent en effet d'apprendre certaines balises pour mettre en forme un texte.- Les flash votes : en avril 2010, pour le conseil des jeunes, la ville de Bordeaux a mis en place, dans le cadre du projet cité digitale, un flash vote qui a permis aux jeunes de voter par SMS sur des questions fermées préétablies.
 Mettre en place des outils TIC pour favoriser la démocratie n'est pas forcément coûteux

Encourager la participation : l'avenir est-il dans les services en ligne ?

Loin d'investir dans des outils coûteux (financièrement et humainement), l'e-démocratie peut se baser également sur des services en ligne (pour la plupart gratuits). L'émergence du web 2.0 a d'ailleurs favorisé l'éclosion de nombreuses applications sociales qui encouragent et facilitent la participation de l'internaute.Le web 2.0 représente une évolution du web qui se traduit par :- des fonctionnalités centrées sur l'utilisateur ;- une fonctionnalité sociale ;- la simplicité (plus besoin de compétences techniques pour créer et partager du contenu numérique) ;- des outils ;- RSS, un format pour syndiquer les sites web ;- des réseaux sociaux en ligne ;- le tout en ligne (ex bureautique en ligne).Les collectivités peuvent tout à fait s'inspirer de l'Islande qui, pour la révision de sa Constitution, a sollicité les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. D'ores et déjà, certaines collectivités françaises ont emboîté le pas. En 2011, le conseil général du Val-d'Oise a proposé par exemple un Live Tweet pour sa session plénière. Un Live Tweet consiste à diffuser des messages en temps réel sur Twitter par rapport à un événement auquel on participe. Le Live Tweet est agrémenté d'un hashtag correspondant à l'événement. Le hashtag correspond à un mot précédé du signe dièse pour indiquer le sujet d'un message.Se baser sur des services en ligne existants comporte en effet de nombreux avantages :- toucher un public plus jeune avec des services en ligne spécifiques comme Facebook ou Twitter ;- se conformer aux habitudes technologiques ;- « pêcher où sont les poissons » : l'importance des réseaux sociaux est devenue un phénomène sociologique, il convient de porter la parole citoyenne dans ses nouveaux forums virtuels ;- humaniser le dialogue virtuel notamment au travers des réseaux sociaux en ligne ;- un coût minime de mise en place ;- le partage sur la forme d'un marketing viral.Utiliser les services en ligne suppose toutefois d'apprendre d'une part à partager et d'autre part à prendre le risque de s'exposer au public internaute.
Grâce à la simplicité des outils et des applications disponibles sur le web, les citoyens peuvent désormais prendre la parole.

Les citoyens prennent la parole

Grâce à la simplicité des outils et des applications disponibles sur le web, les citoyens peuvent désormais prendre la parole.À Roubaix par exemple, l'association du quartier de l'Hommelet, via son videoblog, le blog2roubaix fondé par Bruno Lestienne porte la voix des citoyens sur le web. Les membres de l'association utilisent tout un arsenal d'outils médiatiques pour se faire entendre :- page Facebook ;- univers Netvibes ;- compte Twitter.Régulièrement, les auteurs du blog interpellent la municipalité sur certains points. Au-delà de l'image de poil à gratter des élus, les blogs citoyens peuvent constituer des outils pour mettre en place une véritable concertation citoyenne. Certes, pour canaliser les éventuels débordements, les collectivités peuvent toutefois mettre en place une véritable politique d'e-démocratie et fournir des outils adéquats pour que les citoyens s'expriment.Naturellement, les outils TIC ne sont pas une fin en soi. En effet, il convient de ne pas se laisser séduire par les sirènes de la technologie. Par ailleurs, « la technologie n'est ni bonne ni mauvaise, pas plus qu'elle n'est neutre », dixit Melvin Kranzberg. Il convient donc de choisir le bon outil pour le bon usage tout en prenant conscience de son impact.

DREAM + : l'initiative de la région Nord - Pas-de-Calais en matière d'e-démocratie La région Nord - Pas-de-Calais a mis en place une véritable politique en matière de démocratie participative à l'aide des TIC (nom de code DREAM +). Cette politique se traduit notamment par des aides avec un soutien financier pour du conseil en amont et la réalisation de projets. De 2007 à 2011, 37 projets furent imaginés et 17 furent réalisés. Le conseil régional du Nord - Pas-de-Calais a par exemple soutenu les initiatives suivantes : - Moi et Mon Parc, une consultation publique sur une nouvelle charte du parc naturel Caps et Marais d'Opale. - le panel citoyen de la ville de Valenciennes - Enquête de Santé.fr, une consultation menée par le Conseil de développement du Pays de l'Artois pour connaître le ressenti des habitants au sujet de l'offre de services en matière de santé et de soins.

 

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