Consigne : la guerre est ouverte, les collectivités gagneront-elles ?

Consigne : la guerre est ouverte, les collectivités gagneront-elles ?

© Michael Eichhammer

Refusée par des élus qui estiment avoir trop investi pour changer de chemin, la consigne est au cœur d'une concertation initiée par le gouvernement. Les distributeurs, eux, avancent déjà.

Fortes de leurs investissements sonnants et trébuchants, plusieurs associations de collectivités voient d'un mauvais œil le retour à la consigne tant pour le verre que pour d'autres matériaux. Si la concertation a réouvert avec le ministère, différentes initiatives commerciales, industrielles ou agricoles voient ici et là le jour. Elles profitent des avancées techniques et des pratiques qui existent depuis de nombreuses années en Europe et pourraient prospérer plus vite que l'on pourrait le croire.

« Rapportez moi »

« Le réemploi est un élément de réponse pour l’avenir de l’industrie du verre. En tant qu’experts du verre, nous devons aller au-delà du matériau recyclable à l’infini. C’est certes un excellent point de départ pour notre industrie, mais c’est bien son réemploi qui en fait un véritable produit durable » déclarait récemment à l'Indépendant (perpignan) le président de Verrallia, leader européen et troisième producteur mondial de bouteilles en verre. L’augmentation du prix des bouteilles (45 %) a d’ailleurs engendré une pénurie à laquelle les vignerons sont fort sensibles.

Carrefour développe un espace « loop » dans certains de ses magasins, où il propose des produits à emballages consignés et que l'on peut ramener en magasin.


Ce n'est donc plus seulement du côté « bio-associatif » que la démarche de réemploi se met en marche. Boutabout.org (site à consulter sans modération) récupère ainsi les contenants verres marqués d'une pastille « rapportez moi » des vins, bières locales, cidres et jus de pommes (quelques dizaines de producteurs sont partenaires de ce dispositif) grâce à des machines installées dans des magasins spécialisés et bios ...mais aussi depuis peu dans des supermarchés U de la région nantaise. Carrefour développe aussi un espace « loop » dans certains de ses magasins, où il propose des produits à emballages consignés et que l'on peut ramener en magasin. Lancé en région parisienne, il s'étend désormais à Strasbourg et Nantes.

Le consommateur paye

Une bonne affaire pour le consommateur ? Pas si sûr, si l'on en croit Que Choisir (le mensuel de l'UFC) qui concluait ainsi un article sur le sujet : « Quant aux consommateurs qui porteraient leurs bouteilles en plastique à la consigne, ils recevraient certes une dizaine de centimes, sans que ça leur apporte quoi que ce soit pour autant. Leur prix à l’achat augmenterait en effet de 15 à 20 centimes pour intégrer le coût de la consigne et de ses automates ! Le contribuable consommateur paierait ainsi deux fois, entre le surcoût de la boisson et la hausse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, tout en perdant l’aspect pratique de la bouteille jetée dans la poubelle jaune ». Toujours est-il que la position des collectivités sera difficile à tenir face à ce type d'initiatives et au sentiment du consommateur qui pensera bien faire !

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