Contrôle des Ehpad : l'émoi des professionnels

La Rédaction

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L'idée évoquée lundi par le contrôleur général des lieux de privation de liberté de pouvoir visiter les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), a suscité l'indignation du syndicat des maisons de retraites privées et le scepticisme des directeurs de maison de retraite, comme de la ministre en charge du sujet.

Dans son rapport annuel, Jean-Marie Delarue s'est interrogé sur l'enfermement des malades, des enfants, des étrangers, mais aussi, pour la première fois, des personnes âgées.

"Il y a des raisons évidentes plaidant pour que nous n'allions pas" dans les Ehpad, leurs pensionnaires étant censés les intégrer "de leur plein gré", a déclaré M. Delarue, en ajoutant: "parfois à l'insu de leur plein gré...".

De fait, des gens "qui n'ont plus toute leur tête, ni tous leurs muscles", sont privés de liberté, "bouclés", et ces "malheureux sont difficiles à prendre en charge", a-t-il ajouté, estimant que les visites de ses équipes "peuvent rendre service à ces établissements".

"L'ensemble du secteur est très surpris", a réagi auprès de l'AFP Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, premier syndicat des maisons de retraite privées. "Contrairement à ce que dit M. Delarue, les maisons de retraite sont des lieux de vie très ouverts", a-t-elle argumenté, dénonçant la "violence de l'amalgame" établi avec les lieux de privation de liberté.

Les établissements reçoivent déjà une multitude de contrôles, a-t-elle souligné, ajoutant que dans 80% des cas, les personnes sont tout à fait consentantes au moment de leur entrée, et que sinon, ce sont les familles qui donnent le consentement.

Dans un communiqué, l'AD-PA, association représentant les directeurs de services à domicile et d'établissements pour personnes âgées, s'est de son côté dite ouverte à une "réflexion" sur le sujet, par exemple sur l'opportunité de placer dans des "unités fermées" des personnes atteintes d'Alzheimer.

Elle s'est en revanche opposée "à la mise en place de contrôles s'ajoutant aux nombreux existants".

Pour la ministre déléguée en charge des Personnes âgées, Michèle Delaunay, cette proposition qui "pose des questions essentielles sur la liberté et les droits des résidents, se heurte à la fois à des difficultés concrètes et à des questions déontologiques". Sur son blog, elle a notamment jugé que considérer le lieu comme "limitatif de liberté" serait "peu encourageant" pour les personnes âgées susceptibles d'y entrer, et pour le personnel.

Elle a dit "compter" sur la loi d'adaptation de la société au vieillissement, en préparation, pour s'assurer du consentement "plein et entier" des personnes âgées au moment de leur entrée dans les maisons de retraite.

ito/jg/bma

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