Cour des comptes : l'épingleur épinglé

Denis Courtois

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Cour des comptes : l'épingleur épinglé

Court of Audit in Paris

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La question des rémunérations des hauts fonctionnaires fait encore et toujours débat, mais libre à chacun de rentrer (ou pas) dans les règles dictées par l'éthique...

Deux attitudes différentes sont venues, à la fin d’année 2020, illustrer la problématique des gros et petits avantages que les élu.e.s tirent de leurs fonctions.

Thierry Benoit (député UDI d’Ille-et-Vilaine) s’inquiète depuis juin du cumul rémunération/retraite du nouveau président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici. Déjà évoqué dans les colonnes de La Lettre du cadre, ce beau dispositif permet à l’homme de cumuler une rémunération mensuelle de 14 500 euros, deux retraites de parlementaires de 5 000 euros environ et une retraite à venir de commissaire européen de 4 000 euros.

« À l’heure où les institutions et les responsables politiques suscitent une défiance majeure des Français, le respect des exigences d’éthique, d’équité et de transparence est pourtant primordial »

Le député avait déjà écrit au Premier ministre à ce sujet et s’en est ému lors de la discussion sur le budget à l’Assemblé nationale, précisant au mensuel Capital : « à l’heure où les institutions et les responsables politiques suscitent une défiance majeure des Français, le respect des exigences d’éthique, d’équité et de transparence est pourtant primordial ».

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S’il n’a pas obtenu de réponses du Premier ministre, il a reçu des tweets de soutien du député François Ruffin (LFI Somme) et une réponse du principal intéressé : « cette situation, répond le président de la Cour des comptes, me paraît tout à fait respectueuse des principes et des règles qui s’imposent à moi dans mes responsabilités actuelles ». Et de poursuivre que la recherche de la transparence « ne peut pas et ne doit pas stigmatiser ceux qui ont choisi le service de l’État et de l’intérêt général ou de nourrir le ressentiment contre les revenus des hauts fonctionnaires, beaucoup moins élevés que ceux du secteur privé à responsabilité équivalente ».

« Depuis quarante ans, les financements publics représentent un "opium" »

Pendant ce temps, on apprenait que le MoDem Pierre Casanova, avait décidé de renoncer à ses indemnités (48 000 euros par an) de conseiller de Paris. Avocat de profession, il exerce dans un grand cabinet parisien et estime gagner assez bien sa vie et ne pas avoir besoin d’argent public. Ses prises de position au conseil municipal sont assez tranchées, notamment sur le sujet des élus touchant des indemnités dans les SEM : « Depuis quarante ans, les financements publics représentent un "opium" », affirmait-il récemment dans l’hémicycle. À titre personnel, il ne veut visiblement pas risquer la moindre accoutumance.

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