Cumul : heureusement, les absents ont souvent tort

Nicolas Braemer

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Cumul : heureusement, les absents ont souvent tort

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A l'Assemblée, les pro-cumul s's'essoufflent. A tel point qu'en fin de marathon parlementaire, il ne sont même plus là pour défendre leur propre amendements. Pendant ce temps, les cumulards de terrain s'en donnent à coeur joie.
Le 18 novembre, l’Assemblée s’est donc à nouveau penchée sur le texte instaurant l’interdiction du cumul des mandats. Pas moins de 77 amendements avaient été déposés par les opposants au projet. Ultime Baroud des députés UMP, UDI, MRC et PRG qui voulaient à tout prix continue à peser dans ce qui devait être un vote très formel après l’échec de la Commission Mixte Paritaire. L’essentiel de ces amendements visaient à supprimer ou modifier l’article 1er qui l’interdit le cumul entre un mandat parlementaire et une fonction exécutive locale.Mais aucun, vous avez bien lu : aucun, des députés cumulards n’était présent pour défendre leur amendement. Durant cinq longues minutes, le président de séance a du se livrer à une litanie d’appel à discussion de chaque amendement, pour constater à chaque fois l’absence de son auteur. Ben voilà : c’était un lundi et le lundi, quand on cumule, on est dans sa mairie, pour s’occuper de ses administrés, pas au Parlement à faire son travail de parlementaire. D’ailleurs, souvent, on n’y est pas non plus le jeudi, le vendredi, le samedi, le dimanche…Si on veut voir les choses du bon coté, on prendra cette absence comme un aveu d’échec des partisans du cumul devant la fermeté du gouvernement et de la majorité. Fermenté qui a donc fini par payer.

MAUVAIS POINTS Jean-Claude Gaudin est donc candidat à la mairie de Marseille. S’il l’emporte, il entamera donc un quatrième mandat à 74 ans : il devrait donc en avoir 80 quand il l’achèvera. Ou pas, parce que tout le monde sait qu’il a prévu de passer la main en cours de mandat. Voilà son offre politique élisez moi encore et toujours, laissez mois cumuler avec acharnement (rappelons qu’il est sénateur, président du groupe UMP au Sénat) et laissez moi partir en désignant mon successeur, histoire jusqu’au bout de garder la main. Les présidents de région PS Ça n’est pas certain, car le temps des candidatures officielles n’est pas encore venu, mais tout laisse à croire que les régionales nous offrirons un beau spectacle de cumul dans le temps. Une grande majorité des présidents de régions issus de la première vague rose de 2001 s’apprêtent à rempiler pour un 3e mandat. Martin Malvy, Alain Rousset, Ségolène Royal, Jean-Jack Queyranne, Jean-Paul Huchon (PHOTO si besoin), Michel Vauzelle, Alain Souchon, François Patriat… s’apprêtent sauf surprise à briguer leur propre succession. Peu d’arguments valables pourtant : si au bout de 12 ans, ils n’ont pas achevé leur œuvre, il ne l’auront jamais fini). Pourtant, ce ne sont pas les plus ou moins jeunes talents qui manquent pour prendre leur succession. Encore une occasion manquée de rajeunissement et de féminisation puisque, alors que les Conseils Régionaux sont paritaires, les hommes président sont encore une écrasante majorité.

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