Des parrainages qui font débat

La Rédaction

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La présence ou non de Marine Le Pen à l'élection présidentielle a d'abord été pris comme un énième coup médiatique tenté par un candidat frontiste sur la thématique d'un "système " anti - Front National. Sauf que, cette fois-ci, l'information de la difficulté de la candidate à récolter ses parrainages semble véridique. Et crée un sentiment paradoxal chez tous les républicains.

Et si finalement, ce n'était pas du bluff. Si Marine Le Pen n'arrivait pas à réunir ses fameuses signatures d'édiles ?

Revenons sur la règle qui a prévalu pour les parrainages (car il s'agit bien de parrainages) pour l'élection présdentielle. Au départ, cette règle est créée pour éviter les candidatures fantaisistes. Elle n'y est d'ailleurs pas toujours parvenu mais ceci est un autre débat... Le problème, c'est que dans l'esprit de beaucoup, et surtout des administrés, le parrainage s'est vite transformé en soutien.

Car, oui, la France possède plus de 36 000 communes, et dans la plupart d'entre elles, la "dépolitisation" ambiante a déjà fait son oeuvre. Pas question, pour l'immense majorité des Maires, de se déclarer de gauche ou de droite, ou de se rattacher à un parti politique. Ils préfèrent cultiver l'indépendance, et donc accorder leur parrainage, ou leur soutien au choix, à qui bon leur semble.

Se pose alors plusieurs questions. Tout d'abord, doit-on faire peser sur les Maires de France la responsabilité de la présence ou non d'un candidat à la présidentielle ? Si l'habitude de la règle le valide, la disparité entre grands électeurs amenés à produire un parrainage peut aussi interroger.

Ensuite, quelles que soient les opinions des édiles, doit-on se priver d'une candidature qui pèse bien plus de 10% dans l'opinion ? Si tant est qu'elle soit souvent taxée de menace sur la République, priver Marine Le Pen du débat présidentiel ne ferait-il pas au contraire que renforcer son audience et la rentabilité de son positionnement "anti-système" ?

Enfin, et c'est sans doute ce qui choque le plus, la non-publication des parrainages demandée par les élus vient de cette confusion entre parrainage et soutien. Certains se sont, à juste titre, retrouvés au centre d'une polémique née de leur simple volonté de permettre la représentation de tout l'échiquier politique à l'élection présidentielle. D'autres entretiennent une opacité née du principe même du parrainage anonyme, pour se vendre au plus offrant, permettant aux candidats de multiplier les arguments limites pour obtenir les signatures.

Quel que soit le résultat du décompte final pour Marine Le Pen, la règle sera sans doute à repréciser à l'avenir.

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