Éditorial : Justice climatique = justice sociale

Nicolas Braemer
Éditorial : Justice climatique = justice sociale

© bakhtiarzein - stock.adobe.com

Les conséquence du dérèglement climatique, ce sont d'abord les plus pauvre qui en payent la facture. Lutter aujourd'hui pour la décarbonation de nos société, c'est aussi lutter pour la justice sociale.

Dans l’invraisemblable tapage médiatique de cette précampagne présidentielle, c’est passé presque inaperçu... Le 17 octobre dernier, c’était la journée mondiale du refus de 
la misère. Voilà sans doute l’occasion de s’extraire des folies identitaires pour rappeler quelques réalités.

Plus de 9 millions de personnes vivent en France sous le
 seuil de pauvreté, c’est-à-dire 13 % de la population. Derrière les chiffres, il y a des réalités. Être pauvre, ce n’est pas avoir
des ns de mois difficiles, c’est cumuler les privations et les difficultés : c’est ne pas pouvoir s’acheter et acheter à ses enfants ce dont ils ont besoin, c’est accumuler les retards de paiement, c’est vivre dans des conditions de logement indignes, c’est ne pouvoir ni se nourrir ni se vêtir, ni se déplacer selon ses besoins.

Demain, les plus pauvres subiront de plein fouet les conséquences des catastrophes que nous promet l’inaction climatique de nos dirigeants

La pauvreté, c’est surtout subir bien plus que les autres les crises qui nous frappent individuellement et collectivement. C’est vrai aujourd’hui quand le prix des énergies augmente brusquement et qu’on ne peut plus se déplacer et plus se chauffer à l’approche de l’hiver. Cela a été vrai aussi avec la crise sanitaire où les plus pauvres se sont retrouvés bien malgré  eux dans cette fameuse « première ligne », obligés d’aller travailler en risquant la mort pour continuer à vivre, elles, eux et leurs familles.

Et demain, ne nous y trompons pas, ce sont encore les plus pauvres qui subiront de plein fouet les conséquences des catastrophes que nous promet l’inaction climatique de nos dirigeants. Les pics de chaleur ? Plus dur pour eux. Les énergies hors de prix ? Plus dur pour eux. Les catastrophes naturelles, les crises... C’est la misère aujourd’hui, ce sera encore plus la misère demain.

Tirons de ce constat deux certitudes. Un : les plus précaires seront les premiers bénéficiaires d’une action décisive
de transition climatique. Deux : au cœur de cette action climatique, nous devons mettre le chantier de la répartition des richesses et de la réduction des inégalités, donc de la fiscalité, des salaires, des retraites, des revenus de solidarité, du chômage. La justice climatique et la justice sociale, plus que jamais, ne font qu’un.

Recevez votre newsletter hebdo gratuitement

Nous vous recommandons

« L’ESS pose une question simple : les gains d’une entreprise doivent-ils lui permettre de poursuivre son développement ? »

« L’ESS pose une question simple : les gains d’une entreprise doivent-ils lui permettre de poursuivre son développement ? »

Président d’ESS France, qui réunit les acteurs français de l’économie sociale et solidaire, et du Crédit coopératif, Jérôme Saddier est l’auteur (aux éditions Les Petits Matins) d’un récent ouvrage : « Pour une...

C'est parti  pour les " Territoires zéro chômeur de longue durée" version 2.0  (mais le chemin est semé d’embûches)

C'est parti  pour les " Territoires zéro chômeur de longue durée" version 2.0  (mais le chemin est semé d’embûches)

Parlez-vous coop ?

Dossiers

Parlez-vous coop ?

Mixité sociale : peut-on sortir de l'entre soi ?

Dossiers

Mixité sociale : peut-on sortir de l'entre soi ?

Plus d'articles