Éditorial - La vraie richesse de nos territoires

Nicolas Braemer

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Éditorial - La vraie richesse de nos territoires

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L’une des choses remarquables qu’on a entendues pendant la primaire des écologistes, c’est l’idée unanime chez les candidates et candidats que le PIB n’est réellement plus d’actualité. On commence donc à penser, affirmer, convaincre que la bonne santé d’un pays ne peut se mesurer à sa seule capacité à augmenter sans fin sa richesse par la croissance économique. Il y a là une rupture et un progrès considérable. Une rupture, enfin, avec l’idée que seule la somme comptable de ce que l’on produit (au prix d’une destruction toujours plus grande de notre planète) et consomme rend compte de notre richesse. Un progrès parce que du coup, on peut considérer que la culture, l’éducation, l’environnement, la transmission... sont des richesses bien plus grandes encore que les dépenses publiques qu’elles occasionnent. Puisse la nécessaire transition climatique installer encore plus cette idée dans nos discours et dans nos actes.

Je ne peux que mettre cette rupture en parallèle avec une autre évolution à l’œuvre dans nos collectivités. Depuis le début de la décentralisation, il y a presque 50 ans, la quasi-totalité des élus locaux ne pensent le développement de leur territoire qu’en termes économiques. Il fallait attirer les entreprises parce qu’il fallait des emplois et des impôts locaux, la conséquence directe de cet adage étant une concurrence généralisée de tous les territoires, compétition que l’arrivée du marketing territorial a achevé de décomplexer. L’attractivité est devenue une obsession locale, face à laquelle l’égalité, le bien vivre, la justice, le vivre ensemble, la qualité de l’environnement ont fait pâle figure.

C’est maintenant l’irruption fracassante des problématiques climatiques et environnementales qui vient percuter les pratiques locales de développement.

L’intercommunalité d’abord, les diverses procédures de coopération et de planification territoriales (Scot, projet de territoires...) ensuite, ont commencé à faire bouger les choses, il y a plus de dix ans. Puis, la suppression de la taxe professionnelle est venue bouleverser ce monde de compétition territoriale (sans doute Nicolas Sarkozy a-t-il rendu là, finalement, un immense service aux habitantes et habitants de ce pays) en mettant fin à la course à la fiscalité des entreprises.

C’est maintenant l’irruption fracassante des problématiques climatiques et environnementales qui vient percuter les pratiques locales de développement. Désormais, sont visibles à toutes et tous les méfaits de la bétonisation, de l’étalement pavillonnaire, de l’artificialisation des sols, des zones commerciales... On ne peut que formuler le vœu d’une étape supplémentaire : la généralisation de l’idée que les espaces partagés, la mixité sociale réelle, la culture pour toutes et tous, les circulations douces, la propreté des sols, des espaces et de l’air, l’éducation et l’éducation populaire, les circuits courts, l’habitat de qualité, les économies d’énergie, la nature en ville deviennent dans l’esprit des élus locaux des éléments aussi constitutifs de la richesse collective que les ressources fiscales ou les entreprises.

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