Élus et administration : une relation d’associés ?

Aissia Kerkoub
En cas de changement d’exécutif, au moins pour une période transitoire, ni l’élu ni l’administration n’ont le choix de leur associé. Dans l'intérêt général, il faut bien cependant sceller un pacte entre ces nouveaux partenaires garantissant confiance et communication.
Le choix d’un associé repose sur une relation de confiance. Lors d'un changement d'équipe au sommet, l’administration doit alors gagner la confiance de son nouvel associé pour assurer la continuité du service public malgré tout. Comment ? En réduisant au minimum l’asymétrie d’information entre les élus et l’administration.Les changements politiques (d’autres parleront d’instabilité) renforcent le pouvoir de l’administration. La tentation peut alors être grande de contrôler l’information transmise. Ce n’est certainement pas la meilleure manière pour limiter cette période de suspicion du politique à l’égard de l’administration et retrouver la sérénité au sein des services.Avoir des associés, cela signifie être plusieurs à prendre les décisions. Et cela complique les choses. La subordination de l’administration au politique, seul détenteur de l’onction démocratique du suffrage universel, rassure mais omet la réalité d’une distribution des rôles bien plus complexe dans l’élaboration des politiques publiques locales.À l’arrivée d’une nouvelle équipe, l’administration a le devoir et la responsabilité de faire évoluer avec les élus un programme politique en un plan de mandat, de confronter le rêve au principe de réalité. Un bon cadre territorial, est-ce celui qui permet à l’élu de mettre en œuvre le programme politique sur lequel il a été choisi quoi qu’il en coûte (au sens propre comme au sens figuré) ou bien celui qui éclaire la prise de décision et s’assure de la bonne gestion des deniers publics ? La réalité est entre les deux, celle d’un subtil équilibre entre rêve et réalité. Le danger de la technocratie nous guette seulement si l’administration reste sourde aux préoccupations du politique, en particulier celles de la réactivité et de la gestion de l’image auprès de son électorat.
Le danger de la technocratie nous guette seulement si l’administration reste sourde aux préoccupations du politique.
Pour sécuriser la relation entre associés, il est important de sceller un pacte dès le départ. En rester au principe juridique de l’exécutif local chef de l’administration, c’est oublier la nécessaire autonomie de l’administration dans la gestion et l’organisation des services. Le danger de la technocratie nous guette aussi si l’excès de politique dans l’action quotidienne et la gestion des services prend le pas sur la définition et le portage solidaire par une équipe d’un projet de territoire. Le risque est d’autant plus important que la contrainte financière réduit considérablement les marges de manœuvre des élus locaux.Cette relation d’associés reste toutefois particulière car elle n’implique pas toujours de partager un projet commun mais au moins une vision commune de l’intérêt général. Lorsque ce n’est plus le cas, la clause de sortie peut toujours être activée.

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