Enfants étrangers interdits d'école à Rubelles

La Rédaction

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La scolarité est un droit, surtout pour les enfants, même étrangers. Or, à Rubelles, en Seine-et-Marne, le maire, l'UMP Jacques Baumann, n'hésite pas à fouler au pied ce principe d'égalité républicaine. 12 enfants se voient en effet refuser l'accès à l'école.

Ils sont d'origine tchétchène, sri-lankaise ou ingouche. Ils sont arrivés avec leurs parents à Rubelles entre mai et octobre 2011. Or, depuis, ils restent « cloisonnés dans les chambres d'hôtel » qui font office de centre d'hébergement d'urgence pour les demandeurs d'asile, d'après le quotidien gratuit Métro. Face à cette situation, Réseau éducation sans frontières, Amnesty international et la Ligue des droits de l'homme appellent à un rassemblement de protestation devant l'une des écoles de la commune.
Selon les associations, la mairie ne cesse d'abuser de procédés dilatoires pour interdire l'accès à l'école de ces enfants. Elle d'abord prétexté le manque de moyens, de structures et de financements. L'Education nationale a pris en compte ces revendications en envoyant deux enseignantes Clin (classe d'initiation) deux fois par semaine, une mesure jugée cependant insuffisante.
Les trois associations veulent que la loi soit respectée : « Que les enfants soient français ou étrangers, il incombe au maire de la commune où ils vivent de procéder à leur inscription à l'école. Mais ce droit-là n'est pas respecté à Rubelles », écrivent-elles dans un communiqué. L'Inspection académique de Seine-et-Marne a par ailleurs rappelé que des places étaient disponibles dans les écoles de Rubelles. Sans effet. Le 13 avril enfin, un huissier de justice a été diligenté, « pour sommer le Maire de Rubelles de réaliser les inscriptions demandées. Et pourtant, les enfants n'ont pas été autorisés à faire la rentrée du lundi 30 avril, comme tous les autres ». Jacques Baumann va plus loin, demandant au gardien de l'école de faire le tri devant l'établissement pour interdire l'accès aux enfants étrangers. Amnesty met en évidence les contradictions manifestes du maire : ce dernier avait inauguré en septembre 2010 une fresque rendant hommage aux Droits de l'enfant. Il n'avait certainement pas lu le texte !

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