Faire le bilan avant dimanche

La Rédaction

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Rares sont les périodes d'entre deux tours aussi animées que celle que nous venons de vivre. Trois évènements y sont prépondérants: la tentation de récupérer le vote Front National, le débat télévisé et le choix de François Bayrou.

Tout a été dit ou presque sur le premier élément. La tentative de basculer dans quelque chose de sordide a effleuré la droite républicaine. Certains symboles parlent d'eux mêmes, et il serait bon de ne pas oublier que des élus de la République ont joué avec le feu. C'est Jean-Marie Le Pen lui même qui aimait à rappeler que l'électeur préfère toujours "l'original à la copie". La droite française sait qu'elle n'a jamais rien gagné d'autre que de faire monter le Front National en s'affaiblissant elle-même lorsqu'elle joue sur son terrain. Et pourtant, parfois, ces démons-là l'agitent et elle commet toujours les mêmes erreurs.

Second épisode marquant: le débat télévisé. Les médias ont eu beau en faire des tonnes sur le côté préparé de la chose (du moelleux des fauteuils à la température des climatiseurs), un débat reste un débat, et les fiches sont parfois dépassées par des évènements plus anecdotiques. En discutant autour de moi du débat, je me suis rendu compte que finalement, chacun en avait sa propre intérprétation liée à quelques secondes remarquées sur un débat de presque trois heures. Quelques secondes, jamais les mêmes, pour se forger son opinion. C'est dire la difficulté de l'exercice pour les deux protagonistes.

Autre leçon à tirer du débat: le rôle des éditorialistes. Tous ces "spécialistes", vissés sur les fauteuils des chaînes d'information continue, ont trouvé que François Hollande et Nicolas Sarkzoy ont fait jeu égal. Il y a fort à parier qu'une fois le second tour passé, ces mêmes spécialistes déclareront qui a été vainqueur du débat de mercredi...

Enfin, le spectaculaire choix de François Bayrou est à retenir. Il n'est pas si surprenant que ça pour qui connaît l'homme. Il n'est pas si surprenant non plus lorsque l'on observe la tactique. Car que faire d'autre si ce n'est appeler à voter blanc et faire en cela le même choix que celui de Marine Le Pen ? François Bayrou avait dit qu'il indiquerait un choix dès le début de la campagne, il n'a pas trahi sa promesse et s'est exécuté courageusement. Non pas en choisissant François Hollande en tant que tel mais en le faisant en sachant bien qu'une partie de son électorat et même de ses élus et militants ne feraient pas de même.

Finalement, François Bayrou n'en finit plus d'être au milieu, tiraillé entre deux sphères, lorsque son rêve politique était de faire du centre le milieu incontournable de l'échiquier politique.

Fin du suspense dimanche soir. On tentera la semaine prochaine d'éviter de dire qu'on avait raison avant tout le monde. La politique est affaire de choix et d'engagement, parfois courageux. C'est pour ça que les éditorialistes n'en font pas.

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