FHF, syndicats : le jour de carence abrogé et les mécontents

La Rédaction

Sujets relatifs :

Les syndicats de la Fonction publique ont salué la décision d'abroger le jour de carence, non indemnisé, pour les agents en cas d'arrêt maladie, mais prévenu aussitôt qu'ils attendaient plus du gouvernement, notamment en matière salariale.

"La CGT est très satisfaite de cette annonce", a déclaré Jean-Marc Canon, représentant du premier syndicat chez les 5,2 millions d'agents, regrettant toutefois que la décision ait été "tardive" et qu'elle risque de n'être applicable qu'au 1er janvier 2014, la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu ayant indiqué que la suppression interviendrait dans le prochain budget.

Une grande avancée

"Pour nous, il y a là une avancée non négligeable que nous mettons au compte de notre pugnacité de n'avoir jamais lâché l'affaire sur ce sujet là", a-t-il dit, évoquant la mobilisation unitaire des syndicats contre la mesure.
Mais, a-t-il aussitôt souligné, "on considère que ce n'est pas un solde de tout compte (...) Ca ne saurait exonérer le gouvernement de prendre des mesures, par exemple des mesures générales sur les salaires pour l'année 2013".

"Pour la CGT, ça reste d'actualité et au contraire, ça nous renforce dans la détermination que lorsqu'on veut les lignes peuvent bouger", a-t-il poursuivi.

Le compte n'y est pas

Dans un communiqué, FO estime également qu'il s'agit d'un pas en faveur des agents publics, mais relève que "le compte n'y est pas". Le syndicat, qui souligne que l'abrogation de la carence qui "pénalise et stigmatise" les agents, "n'est pas un cadeau", réclame comme la CGT une revalorisation du point d'indice, qui sert de base au calcul des salaires, et est gelé depuis 2010. Il assure qu'il engagera "tous les moyens nécessaires" pour faire aboutir ses revendications.

Même tonalité chez Solidaires, la FSU ou l'Unsa, qui tout en se félicitant de cette "victoire", soulignent, à l'instar de la FSU qu'ils espèrent qu'il s'agit d'un "premier pas vers d'autres mesures attendues".

Solidaires relève notamment que la "listes des griefs est encore longue", citant les salaires ou la question de l'emploi, le gouvernement ayant choisi de créer des postes dans certains ministères prioritaires (Education, Justice, Police) en compensant par des destructions ailleurs.

Le jour de carence sur les arrêts maladie des fonctionnaires avait été institué par le gouvernement Fillon fin 2011. Dans le secteur privé, le délai de carence est de trois jours mais certaines entreprises compensent.

La FHF déplore l'abrogation

Le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux, a quant à lui déploré la future abrogation du jour de carence pour les fonctionnaires, car ce dispositif avait produit "des effets immédiats" en matière d'absentéisme dans les hôpitaux.

M. Valletoux a indiqué sur Europe 1 que l'économie pour l'hôpital avait été "aux alentours de 70 millions d'euros" depuis l'instauration, par le gouvernement Fillon, de ce jour de carence, non indemnisé, pour les fonctionnaires en arrêt maladie.

Selon le président de la FHF, "il fallait épargner l'hôpital de cette remise en cause du jour de carence". Rappelant qu'il avait développé ces arguments auprès de la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, il a regretté de ne pas avoir été entendu et évoqué "une décision incompréhensible".

Il a assuré que "dans les mois qui ont suivi la mise en place du jour de carence on a vu des situations s'améliorer, on a pu les mesurer".
C.Cathiard/AFP

Recevez votre newsletter hebdo gratuitement

Nous vous recommandons

1607 heures : le Conseil constitutionnel a-t-il vraiment sonné la fin de la récréation ?

1607 heures : le Conseil constitutionnel a-t-il vraiment sonné la fin de la récréation ?

Même le Conseil constitutionnel le dit, les 1607h c’est pour tout le monde. Question d’équité. Mais si, derrière ces grands principes, se cachait davantage de subtilité ? Peut-être pas jusqu’à rouvrir le débat, quoi que…Fin...

Éditorial : qui va payer la transition climatique ?

Éditorial : qui va payer la transition climatique ?

Au sommaire de la Lettre du Cadre de juin/juillet 2022

Infographie

Au sommaire de la Lettre du Cadre de juin/juillet 2022

Tourisme = prime time + CSP+

Tourisme = prime time + CSP+

Plus d'articles