Fichue maternité !

La Rédaction

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Les discriminations dans le monde du travail atteignent toujours des niveaux insupportables. Selon la 5e édition du baromètre sur la perception des discriminations au travail, publiée le 25 janvier (1), un quart des salariés, public et privé confondus, s'en disent victimes. Une évolution sensible aiguise la curiosité : le critère ethnique, pointé comme la principale cause de discrimination depuis 2009 dans le privé, s'efface cette fois devant l'âge (26 % des personnes interrogées s'en disent victimes), la grossesse ou la maternité (25 %). Le sexe et la maternité sont les deux discriminations qui progressent le plus. Il est donc plus qu'urgent, en cette période électorale, de prendre en compte cette réalité, l'universalisation de la parité homme-femme ouvrant des perspectives de progrès social. Mais il faudra le faire en s'attaquant aux racines du problème : écouter par exemple les chefs d'entreprise confrontés au risque de l'absence d'une salariée, souvent obligée de réagir dans l'urgence. La vie dans un collectif (entrepreneurial, social, sportif, etc.) s'inscrit dans la durée. La discontinuité liée à la grossesse doit être sanctuarisée, au risque de voir notre vitalité démographique fondre. Mettre au monde un enfant ne doit plus être considéré comme un frein à l'épanouissement professionnel et personnel et le temps passé à élever un enfant comme une phase de régression sociale. Le chantier est vaste mais déterminant, tant sur le plan sociétal qu'économique. Car, sans verser dans un féminisme dogmatique, le fait qu'une société exclue avec autant de systématisme les femmes laisse entrevoir une perspective optimiste le jour où ces dernières seront traitées sur un même pied d'égalité. Il ne s'agit pas d'assurer avec autorité que les femmes seraient meilleures que les hommes - le genre de débat que seuls les magazines féminins sont capables de porter à incandescence - mais, pour conclure sur une litote, on est encore loin de le savoir! !

(1) Ce baromètre est commandé par le Défenseur des droits, Dominique Baudis, et l'Organisation internationale du travail (OIT). Il s'agit en fait d'un sondage réalisé par téléphone du 12 au 18 décembre sur un échantillon de 1010 personnes.
(Source Lettre d'informations enfance et éducation)

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