Gardanne veut garder ses Roms

La Rédaction

Sujets relatifs :

La municipalité de Gardanne (Bouches-du-Rhône) a décidé d'apporter son aide à onze familles roms installées sur une friche industrielle de la commune, plutôt que de les faire expulser, a annoncé son maire lundi lors d'une conférence de presse.

"Notre souci, c'est de montrer qu'on peut accueillir les Roms de façon humaine, comme des citoyens à part entière", a souligné Roger Meï, maire communiste de cette commune située entre Aix-en-Provence et Marseille, en se disant inquiet de la "montée de haine et d'incompréhension" à l'égard des Roms.
Arrivées il y a environ un mois sur ce terrain, ces onze familles sont composées de 62 personnes, dont une vingtaine d'enfants en âge d'être scolarisés.
La mairie a fait installer des toilettes et des poubelles sur le campement et en a sécurisé l'entrée avec une chaîne et un cadenas, pour éviter l'intrusion de personnes susceptibles de venir intimider les Roms, comme cela s'est produit récemment.
Lundi, la mairie a réuni les associations pour coordonner l'aide à apporter aux familles, notamment en collectant des vêtements. "On envisage de mettre des mobile home ou des tentes de l'armée, pour l'hiver", a ajouté M. Meï, qui a débloqué environ 30.000 euros pour financer l'opération.
En contrepartie de cette assistance et de l'absence de demande d'expulsion, la mairie demande aux familles d'envoyer leurs enfants à l'école.
"On ne parviendra pas à intégrer cette population si on ne la stabilise pas un minimum, ce qui permet la scolarisation des enfants et le suivi médical", a souligné Cendrine Labaume, coordinatrice générale de Médecins du Monde à Marseille, qui se félicite de l'attitude de la mairie de Gardanne.
Le maire a précisé toutefois qu'il ne s'agissait là que d'une "solution d'attente" et qu'il revenait à l'Etat et à l'Europe de régler la question de l'accueil des Roms sur le long terme.
Dans les Bouches-du-Rhône, les associations estiment à plusieurs centaines le nombre de Roms ayant fait l'objet d'arrêtés d'expulsion depuis l'été, mis à exécution ou encore pendants, en reconnaissant que le décompte est difficile à faire car les mêmes familles peuvent être expulsées plusieurs fois.

Recevez votre newsletter hebdo gratuitement

Nous vous recommandons

«  Retour  » (provisoire ?) aux 35 heures à la mairie de Paris

«  Retour  » (provisoire ?) aux 35 heures à la mairie de Paris

Sommée d'instaurer de vraies 35h ans ses services, la mairie de Paris doitt faire des contorsions pour ne pas fâcher ses agents. Quitte à fâcher la préfecture. Jusqu'où l'exercice est-il possible ?Comme toute collectivité, Paris...

24/08/2021 |
Un cycle supérieur de transition pour les dirigeants territoriaux

Un cycle supérieur de transition pour les dirigeants territoriaux

"Ça se passe ailleurs", quand les collectivités innovent dans le monde entier

Infographies

"Ça se passe ailleurs", quand les collectivités innovent dans le monde entier

La grande peur de la fonctionnalisation

La grande peur de la fonctionnalisation

Plus d'articles