Gaudin casque bleu

Stéphane Menu

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Gaudin casque bleu

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Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, est bel et bien le premier président de la métropole Aix-Marseille Provence. Mais Ubu lui a longuement contesté cette victoire. Sa tâche s’annonce en effet plus que délicate face à des résistances politiques, notamment aixoises, et des surenchères judiciaires.

Bien sûr, le perchoir ne pouvait lui échapper. À Marseille, de Jean-Claude Gaudin, on dit de tout, même parfois que son leadership est menacé. Une analyse très osée de la réalité : le maire de Marseille est incontournable depuis des années et ceux qui se sont hasardés à penser le contraire ont disparu du radar politique. Marseille aime la gouaille. Son périmètre métropolitain aussi.

Pourtant, l’Aubagnaise Sylvia Barthélémy avait lancé les hostilités en réclamant, comme la loi l’y autorise, la tenue d’un conseil de métropole pour en élire son président.

Longtemps tapie dans une discrétion qui fît jaser, laissant entendre qu’elle avait fini par baisser pavillon, Maryse Joissains, maire LR d’Aix-en-Provence, a profité de la dernière ligne droite pour porter le débat sur le terrain judiciaire, notamment sur le flou entourant la représentativité équitable de l’ensemble des élus communautaires. La prise en compte de cette requête par le tribunal administratif fît redouter un temps le report de l’intronisation présidentielle.

En fin tacticien qu’il a toujours été

Toujours farouchement opposée à cette métropole, Maryse Joissains a entraîné dans sa résistance plus de 70 conseillers métropolitains, un conglomérat détonnant d’élus aixois, de communistes, de Front national. Un baroud d’honneur suffisant pour compliquer le déroulement normal de l’élection. Si finalement Gaudin a été élu assez largement, les territoires se retrouvent entre eux dans la composition des forces politiques de la future instance.

Le nouveau président devra donc caresser dans le sens du poil ces groupes formés sur la base de convergences territoriales plutôt que d’affinités politiques. La grande crainte des communes autour de Marseille étant de voir les impôts locaux augmenter pour financer le redressement de la capitale régionale. D’autres dossiers s’annoncent épineux, comme la gratuité des transports publics à Aubagne, appelée à disparaître au nom de l’intérêt général.

Perplexité

Au milieu de cette bataille politique, les acteurs économiques et les citoyens affichent une certaine perplexité. Pour les premiers, l’évidence d’un surcroît d’attractivité du territoire lié à cet épanouissement métropolitain ne se discute même plus. Ils suivent ces débats d’un œil indifférent, comme s’il ne s’agissait que d’une énième représentation politico-théâtrale dont ils connaissent déjà les soubresauts.

Quant aux citoyens, les élus sont tellement timorés sur le sujet qu’ils n’ont pas fait l’effort de leur expliquer en quoi la métropole pouvait incarner un scénario d’espoir pour eux. Pour l’heure, ils en donnent une version trash. Il revient à Jean-Claude Gaudin d’en proposer un autre…

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