Jeune mort sur un chantier : le maire d'Amiens comparaît demain

La Rédaction

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L'ancien ministre et maire d'Amiens Gilles de Robien doit comparaître demain pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel d'Amiens, plus de dix ans après la mort d'un jeune sur un chantier d'insertion de la ville.

Le 22 février 2002, Hector Loubota, 19 ans, employé en contrat emploi solidarité, travaillait à la réfection d'un mur, sur le chantier de la citadelle des quartiers nord d'Amiens, lorsque, sous l'effet du vent et de la pluie, un pan du mur s'effondrait sur son crâne, le tuant sur le coup.

L'avocat de la famille Loubota incrimine l'absence d'enquête technique préalable sur la sécurité du chantier.

Un procès avait déjà eu lieu en juillet 2009, lors duquel un cadre de la mairie d'Amiens avait été relaxé.

A l'origine de cette relaxe et, incidemment, de la comparution de Gilles de Robien, une lettre produite à l'audience. L'adjoint à l'urbanisme y faisait part à son maire d'une proposition d'expertise de l'architecte en chef des Bâtiments de France, annotée par M. De Robien, qui déclinait cette proposition.

"Ce courrier, qui apparaît opportunément pour dédouaner le lampiste, établit la responsabilité directe de Gilles de Robien", estime Me Benjamin Sarfati, avocat de la famille de la victime.

Pour lui, cette pièce "établit qu'il était décisionnaire" de toute demande d'expertise, dont l'absence a "causé la mort d'Hector".

"Ce n'est jamais le maire d'Amiens qui décide ou pas s'il y a lieu à une mesure d'expertise. Toutes ces choses là sont faites en amont par les services spécialisés, les services techniques de la ville", rétorque Me Hubert Delarue, avocat de l'ancien édile.

Pour lui, l'architecte des bâtiments de France n'a formulé que des "recommandations d'ordre architectural et d'ordre esthétique".

"Lorsqu'une pièce comme ça surgit, quand on est devant une juridiction normale, dans une affaire normale, le parquet demande au président un supplément d'information", s'étonne Me Sarfati.

La famille souhaite une condamnation "symbolique" de l'ancien maire : "on ne souhaite pas scalper M. De Robien, mais qu'il y ait un responsable", conclut Me Sarfati, pour qui ce dernier avait au moins une "responsabilité passive".

ngu/mla/jmg

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