L'affaire du 1% logement jugée aujourd'hui

La Rédaction

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Le tribunal correctionnel de Nanterre rendra son jugement aujourd'hui, trois jours avant le second tour de la présidentielle, au sujet d'un ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy à Neuilly et au ministère du Budget, Thierry Gaubert, poursuivi pour détournements de fonds issus du 1% logement. M. Gaubert a par ailleurs été mis en examen à l'automne 2011 pour "recel d'abus de biens sociaux" et "subornation de témoins" dans l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi et un éventuel financement occulte de la campagne d'Edouard Balladur en 1995.

Il est également visé par une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre à la suite de signalements de Tracfin. Selon le site d'informations Mediapart, cette cellule gouvernementale de lutte anti-blanchiment a constaté plusieurs flux financiers suspects entre lui et l'intermédiaire en contrats d'armement Ziad Takieddine, également mis en examen dans le dossier Karachi.

Pour ce qui est de l'affaire dite du "1% logement" jugée à Nanterre en février, le parquet avait requis un an de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende pour "abus de biens sociaux" à l'encontre de M. Gaubert, poursuivi pour d'autres délits, notamment "prise illégale d'intérêts", "escroquerie" et "abus de confiance".

L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, d'abord à la mairie de Neuilly en 1983 puis aux ministères du Budget et de la Communication (1993-1994), avait comparu aux côtés de quatre hommes pendant dix jours devant la 15e chambre du tribunal correctionnel pour des faits datant des années 1990 dans les Hauts-de-Seine.

Pour trois de ses co-prévenus, dont son ancien associé Philippe Smadja, la représentante du ministère public avait requis des peines allant de 8 mois à 2 ans de prison avec sursis et des amendes allant de 20.000 à 100.000 euros.

M. Gaubert est soupçonné de s'être servi d'un Comité interprofessionnel du logement (CIL) baptisé Habitation française, dont il fut le président, pour investir dans des programmes profitant à des sociétés civiles immobilières (SCI) ou des sociétés d'économie mixte (SEM) dans lesquelles il avait des parts ou des intérêts.

Les CIL ont pour vocation de collecter l'argent du 1% logement auprès des entreprises en vue de financer des logements pour les salariés.

Tout au long de ce procès, que les avocats de la défense s'étaient efforcés de faire retarder, Thierry Gaubert n'a cessé de contester les infractions dont on l'accuse.

Il avait tour à tour invoqué une mémoire défaillante, "l'ancienneté des faits" et laissé M. Smadja répondre aux questions de la juge Fabienne Siredey-Garnier. Pour décrire son rôle de président du CIL Habitation française, il avait expliqué qu'il signait "des masses importantes de parapheurs".

Son avocat, Me François Esclatine, avait pour sa part insisté sur la dimension politique de l'affaire. "Une sorte de venin s'est insinué un peu partout dans ce dossier et a fait naître des fantasmes", avait-il dit.

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