L'économie sociale et solidaire n'a pas de frontières

Antoine Détourné

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L'économie sociale et solidaire n'a pas de frontières

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Pour le président de l’Avise, agence d'ingénierie pour développer l'économie sociale et solidaire, l’ESS a un enjeu de crédibilité et doit développer un modèle économique qui lui permettra à moyen terme de recourir le moins possible aux subventions.

Jérôme Saddier, est président de l’Avise et vice-président délégué du Crédit coopératif, www.avise.org/

Présentez-nous l’Avise dont vous êtes le président…

L'Avise a été créée en 2002 par la Caisse des Dépôts pour, à l’origine, accompagner les associations employeuses à trouver le bon modèle économique afin de pérenniser leurs emplois. Sa gouvernance associative permet de travailler avec les grands réseaux et entreprises de l’ESS autour des questions d’innovation sociale et d’entrepreneuriat collectif, au profit des organismes de l’ESS, mais aussi des particuliers en recherche d’informations, des acteurs publics… Nous sommes une « agence collective d’intérêt général ».

On range « l’ancrage territorial de l’ESS » comme l’une de ses forces. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

L’ESS s’est immiscée puis développée dans les failles de l’économie de marché et les insuffisances des services publics. Elle s’est donc le plus souvent exprimée au plus près des besoins, notamment sur les territoires, en prenant la forme de réponses associatives, coopératives ou mutualistes, car elle avait besoin de l’engagement des citoyens, à la fois acteurs et bénéficiaires. L’ESS est par essence une économie de la proximité.

L’ESS s’est immiscée puis développée dans les failles de l’économie de marché et les insuffisances des services publics

Quelles sont d’après vous les filières les plus dynamiques/porteuses ?

L’ESS est très implantée sur des secteurs aussi divers que la production agricole, le sanitaire et social, l’assurance et la banque, la culture…

Ses « nouvelles frontières » sont à présent la production et la distribution d’énergie, l’alimentation et la santé alimentaire, les nouvelles formes d’emploi et de protection sociale, et l’animation collaborative de communautés digitales. Mais l’ESS n’a pas de frontières.

L’économie sociale et solidaire a été valorisée souvent au titre de sa dimension « entrepreneuriale ». Comment imaginez-vous la possibilité pour ses entreprises de grandir ?

La question du « changement d’échelle » est récurrente dans l’ESS, même si toutes ses entreprises n’ont pas cette vocation. La principale question est celle du modèle économique qui permet à moyen terme de se développer, en recourant le moins possible aux subventions. C’est un impératif dans un contexte de raréfaction de l’argent public, mais c’est aussi un enjeu de crédibilité de l’ESS comme initiative économique et citoyenne.

L’ESS est très attendue dans sa capacité à favoriser l’innovation sociale. Quels obstacles faudrait-il lever pour qu’elle soit au rendez-vous ?

Grâce à la loi Hamon de 2014, l’innovation sociale bénéficie d’une définition qui permet de l’identifier comme un objet de politiques publiques, donc de financements dédiés au même titre que l’innovation technologique. Il y a aussi quelques obstacles juridiques à lever, notamment pour expérimenter dans les collectivités. Le gouvernement a dit sa volonté de faire reconnaître le poids des initiatives françaises en la matière, et cela manquait. Il faut désormais agir et l’Avise y travaille.

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