L'éducation artistique en souffrance dans certains lycées

La Rédaction

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Enseignants, artistes, chefs d'établissements et responsables de structures culturelles dépendant du rectorat de Versailles (Ile de France) ont signé une lettre ouverte à l'attention des mnistres de la Culture et de l'Éducation Nationale, pour les alerter sur le désengagement en 2013 de la DRAC Ile-de-France, amenant le Rectorat à financer seul certains ateliers de pratique artistique (APA) voire à en abandonner certains.

Il y est fait état de modifications imposées par le biais des résidences d'artistes qui conduisent à multiplier par manque de moyens les interventions de courte durée, et réduisent, tout en revendiquant un meilleur "rayonnement", la portée réelle de ces actions de partenariat.

Or, ajoutent les initiateurs de cette lettre, seule la pratique artistique, à un haut niveau d'exigence et dans une certaine durée, est garante d'une véritable rencontre de l'élève avec les enjeux de la création et donc de la construction intime d'un imaginaire riche, susceptible de nourrir son évolution future.

Après le Nord Pas-de-Calais  c'est, aux dires de la scène nationale de Cavaillon, au tour de la DRAC PACA  de se désengager progressivement en deux ans (à  partir de la rentrée 2013) des options artistiques facultatives (théâtre, danse et cinéma).  Les options artistiques pourraient demeurer  sous leur forme actuelle (partenaire culturel et intervenant artistique validés par la DRAC) mais sous réserve qu'elles soient  entièrement financées par les lycées et/ou les Conseils régionaux.

L'argument avancé par la DRAC serait le suivant : les options coûtent chers et touchent un nombre limité d'élèves. Le nouveau parcours d'éducation artistique et culturelle ne bénéficiant pas de financements dédiés, il convient de redéployer les crédits jusque là affectés à d'autres dispositifs.  Les sommes allouées aux options doivent donc être redéployées vers le Parcours d'EAC, sur des projets devant toucher un nombre important d'élèves, de l'école primaire au lycée et concernant tous les champs artistiques, avec l'ambition d'y inclure la rencontre avec les oeuvres et les artistes et la pratique

Pour la scène nationale de Cavaillon, il  est dommageable pour pouvoir développer de façon ambitieuse des parcours d'EAC de devoir supprimer des dispositifs existants, tout aussi ambitieux et qui ont fait leur preuve ; mais aussi  d'opposer des démarches d'EAC (les options et les APA aux résidences ou aux classes à PAC), qui doivent plutôt être vues comme complémentaires. Les options sont en effet des projets moteurs au sein d'un établissement, inscrits dans la durée. Les classes à PAC ou résidences résultent d'une rencontre, d'une envie, entre un établissement scolaire, une structure culturelle et un artiste, à l'échelle d'une année scolaire.

Pour Claire Rannou (ANRAT), ce mouvement actuel de certains enseignants et structures artistiques contribue à diviser et à cliver le milieu de l'éducation artistique, selon une opposition stérile Résidences, versus Ateliers et options.

Pour Marie-Christine Bordeaux, le nivellement général sur un  seul format "parcours"  reviendrait  à assimiler de nouveau l'EAC à un dispositif, alors qu'elle  a eu grand peine à se libérer d'une définition par les dispositifs. Elle a en effet besoin,  d'une part d'être généralisable à tous, et d'autre part de pouvoir se décliner selon plusieurs dimensions (et non à plusieurs vitesses).

Pour Jean-Claude Lallias,  ces réactions démontrent l'inquiétude de certains enseignants confrontés à l'amenuisement ou à la dispersion du partenariat dans de micro-actions sans durée. Il faut pouvoir partir selon lui des bénéfices avérés pour la communauté scolaire des Ateliers et Options légères ou lourdes, pour aider à inventer les nouvelles formes d'extension de la présence des arts, des artistes et des structures culturelles au sein de l'Ecole. Equation difficile en période de crise...

François Deschamps

Photo © Maksim ¦meljov - Fotolia.com

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