L'incessante activité de l'Observatoire des politiques culturelles...

La Rédaction

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A Grenoble, deux fois par an, j'ai la chance de participer à l'Assemblée général de l'Observatoire des politiques culturelles (OPC), cet organisme à vocation nationale implanté en région (envié dorénavant jusqu'au Brésil et en Chine !), qui travaille sur l'articulation entre l'innovation artistique et culturelle, les évolutions de la société et les politiques publiques au niveau territorial.

Cette assemblée générale, c'est un précieux creuset d'acteurs culturels de toute la France où se rencontrent (y compris le midi autour des petits plats libanais du resto du coin !) des représentants du Ministère de la Culture, des élus délégués à la culture (dont Florian Salazar-Martin de la FNCC), des DRAC, des DAC (de villes, départements et régions), des chercheurs, un artiste (Jean-Claude Berutti), et les cadres de l'Observatoire. Cette pluralité des fonctions, ce lieu où l'on se parle du paysage culturel en toute liberté sont des choses suffisamment rares pour qu'on les souligne.

Je ne reviendrai pas sur l'histoire de l'OPC créé en 1989, évoqué ici lorsque son regretté fondateur René Rizzardo nous quittât en avril 2010 (le Comité d'histoire du Ministère propose le téléchargement gratuit de l'ouvrage de Pierre Moulinier -95 p.- sur son parcours et l'invention de l'OPC).

L'Observatoire, c'est une équipe de 14 personnes (12,5 ETP) emmenée par Jean-Pierre Saez. Une équipe qui reste  modeste, tout comme son budget (1,4 M¤ dont 0,78 de subventions publiques), du moins en regard de la multiplicité des missions poursuivies :
- conseil et rencontres (concertations territoriales, séminaires de réflexion,..), comme par exemple l'organisation du récent colloque « Culture et Régions » ;
- études et évaluations (la dernière en date : Le positionnement et l'action de la Mission départementale de la Culture de l'Aveyron J ;

- formations continues (Master 2, cycle national, Courants du monde, formations à la carte) ;
- travail éditorial : revue l'Observatoire , Actes, livres (3 projets de publication en 2012) ;
- centre de documentation (proposant notamment une plateforme pour les Collectivités, sous la forme d'une offre de services par abonnement).

L'OPC vient de refondre totalement son site internet, un outil complet, clair et vivant, qui propose aussi  un moteur de recherches par thématique, un « netvibes », un flux RSS et une newsletter. Des blogs thématiques, au nombre de six, seront proposés d'ici peu en accès libre pendant un mois sur le site, avant de basculer en accès dédié pour les adhérents de la Plateforme.

Le niveau de qualité des spécialistes que mobilise l'OPC qui a cette capacité à sédimenter les travaux des chercheurs, son souci de renouveler le vivier des ressources intellectuelles (on se rappelle du colloque de « la jeune recherche européenne »  en mai 2009 à Grenoble, qui d'ailleurs va faire l'objet d'une publication), les valeurs qu'il préserve (il ne réalise des études qu'à la condition qu'elles soient rendues publiques), font de cet organisme un outil bien utile aux élus et techniciens des collectivités territoriales souhaitant réfléchir à leur politique culturelle et en avoir une vision prospective (comme récemment la commune de Saint-Martin-d'Hères).

Un seul regret : les tensions budgétaires récurrentes de l'Observatoire, ainsi que le manque d'un capital recherche/développement  pour des opérations complexes à caractère prospectif, obligent l'Observatoire à une constante adéquation des moyens aux missions ... Elles le contraignent aussi à proposer des coûts de vente pour ses prestations qui ont parfois  raison des velléités des collectivités ou des structures professionnelles de faire appel à lui. Du côté des collectivités, il faut bien reconnaitre a contrario que certaines imposent des calendriers illusoires sur des projets d'étude dont souvent on ne voit jamais le résultat, et qu'elles sont assez peu prêtes à travailler ensemble sur des études communes qui contribueraient à mettre en perspective leurs situations respectives.

Conscient que l'Observatoire est un organisme au profit de l'intérêt général mais qui doit s'astreindre à une logique économique, on ne peut qu'encourager les collectivités à adhérer en plus grand nombre à la Plateforme qui leur est proposée, et à s'intéresser à tout le travail qui a été capitalisé depuis 23 ans.

François Deschamps

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