L'USEP en congrés

La Rédaction

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Depuis plusieurs mois des tensions se font jour entre l'USEP et la ligue de l'enseignement, nous avons interrogé JM Sautreau le président de l'USEP.

Mr le Président, vous avez réuni l'assemblée générale de l'USEP en congrès en cette fin avril à Port Leucate. En préalable, pouvez-vous rappeler ce que représente l'USEP ?

L'USEP, ce sont plus de 2 000 000 d'élèves des écoles primaires publiques de notre pays qui vivent au moins une activité physique et sportive avec l'USEP dans leur année scolaire.
Parmi eux, 810 000 sont licenciés à la fédération sportive scolaire qu'est l'USEP, encadrés par plus de 50 000 adultes.
L'USEP, c'est un volume d'actions considérable sur l'ensemble du territoire, Outremer comprise bien sûr, en complément de l'Éducation Physique et Sportive enseignée à l'École.
La dimension associative est des plus importantes (10 000 associations d'école USEP pour 14 000 écoles affiliées).
Nous ne dérogeons pas à la ligne définie par le Ministre Jean ZAY lors de sa signature de l'acte de naissance officiel de l'USEP en 1939.
De plus, l'USEP participe à l'action de la Ligue de l'enseignement au nom des valeurs fondatrices de ce grand mouvement d'éducation populaire.

Ce rassemblement a débuté par un stage réunissant 150 dirigeants. Que s'y est-il passé ?

Dans le contexte de refondation de l'Ecole, il a semblé important de réfléchir ensemble sur les trois piliers du Projet Sportif et Éducatif de l'USEP que sont la dynamique sportive, la dynamique associative et la dynamique de formation (projet de mandature voté en janvier 2013 et mis en ligne sur u-s-e-p.org). Nous avons complété ce travail par une réflexion sur les nouveaux rythmes scolaires. L'objectif était de définir des pistes de travail afin de positionner l'USEP dans les projets éducatifs territoriaux. Eu égard à la connaissance de l'école et aux pratiques sportives et pédagogiques qu'ont les éducateurs Usépiens, on peut affirmer que l'USEP n'est pas l'acteur le plus mal placé pour contribuer à la réussite de ces projets, l'axe partenarial étant une des clés de cette réussite.
La grande satisfaction des participants est bien sûr un signe encourageant pour la suite de cette ambition de refondation de l'École à laquelle l'USEP entend apporter sa contribution par son savoir-faire.

Vous avez été mis en difficulté sur le rapport moral de l'AG, en particulier sur un point, la relation avec la Ligue de l'enseignement. Pourquoi l'USEP dépend de la Ligue de l'enseignement ?

Le rapport moral présenté a été voté à 55 % des mandats. Les débats ont été fort riches et la démocratie a parlé.
Les relations entre la Ligue de l'enseignement et l'USEP ont effectivement besoin d'être clarifiées afin de savoir qui doit décider quoi au nom des prérogatives respectives de chacune de ces structures.
Toutes les associations USEP sont affiliées à la Ligue de l'enseignement et tous les Usépiens sont donc des Ligueurs à part entière.
S'il n'y a pas de la part de l'USEP de volonté d'indépendance envers la Ligue, dont elle est sociétaire, il ne peut y avoir de principe de primauté da Ligue envers l'USEP, celle-ci faisant entrer son projet dans celui de la Ligue et respectant les droits qui sont les siens au nom de toute association de type loi 1901.

Aujourd'hui, quelles sont les relations avec la Ligue du point de vue décisionnaire ?

Là où la concertation règne entre les niveaux respectifs des deux structures, aucun problème ne se pose. Ce n'est malheureusement pas le cas partout.
Au nom de ce principe de primauté que d'aucuns mettent en avant, des divergences sont apparues, nuisant à l'action de terrain, pourtant sensée être le coeur du mouvement.
Par exemple, des divergences existent sur les relations que l'USEP peut avoir avec les fédérations sportives : nous considérons que ces relations peuvent être bénéfiques aux activités des Enfants à la condition que ces partenariats soient tous orientés vers eux avant que de vouloir servir les dites fédérations. Les problèmes existent quand la méconnaissance mutuelle règne mais sont gommés quand des pratiques de travail s'installent au nom d'un projet partagé. Il nous semble que le projet de refondation de l'École mise justement sur l'idée de partenariat. Et nous ne voulons pas faire comme si le monde éducatif comme celui du sport n'avaient pas évolué au fil du temps.

Et du point de vue financier ?

Une large part des finances de la Ligue émane des subventions ministérielles, en particulier du Ministère de l'Éducation Nationale. Cette subvention est donnée selon des critères établis entre ce Ministère et la Ligue. Cette dernière répartit ces crédits dans ses ligues départementales qui reversent à leur tour une part aux comités USEP. Mais la conjoncture économique est difficile et les comités USEP sont soumis à des régimes différents selon les ligues départementales.
Pour le niveau national, force est de reconnaître que les choses étaient plus simples dans un passé récent, alors que le MEN versait directement une subvention nationale à l'USEP ou, en suivant, quand cette somme était fléchée bien que transitant par la Ligue.
Il faut aussi souligner que pour chaque licence délivrée, une part est reversée à la Ligue de l'enseignement, ce qui nationalement représente une somme non négligeable.


Et au niveau local, quelles sont les relations ?

Le degré d'autonomie des comités USEP envers les Ligues départementales est très divers. Le problème principal se pose sur les postes de délégués USEP. Alors qu'ils étaient généralement des enseignants mis à disposition (MAD) par l'Éducation Nationale, ils sont devenus détachés, employés directement par les Ligues départementales. Les difficultés financières liées à la conjoncture économique voient une diminution qui se confirme chaque année du nombre de délégués enseignants, remplacés par des emplois de droit privé.
La liberté des salariés, détachés ou de droit privé, n'est plus celle qu'avaient les MAD et force est de reconnaître que dans certains lieux du territoire, niveau national compris, ce phénomène se traduit par des difficultés, faute de savoir vraiment répondre à la question « qui décide quoi entre l'employeur de droit que serait la Ligue et l'employeur de fait que serait l'USEP (et à qui le salaire est refacturé tout ou partie) ? »

Que souhaitez-vous pour permettre une clarification des relations entre l'USEP et la Ligue ?

La concertation doit prévaloir pour toute recherche de solution. Pour ce faire, il est nécessaire de na pas avancer d'emblée le principe de « primauté » qui bien évidemment bloque toute discussion et avancée possible.
En outre, nous avons besoin les uns et les autres de nous entendre sur des modes de fonctionnement clairs pour lesquels la concertation sera de mise, répétons-le.
C'est en particulier vrai dans le domaine financier comme dans celui de la gestion des ressources humaines.

Avez-vous tenté avant cette assemblée générale une conciliation avec la Ligue de l'enseignement ?

Nous l'avons tentée jusqu'aux dernières heures de la dernière Assemblée Générale mais sans succès. Il est vrai que nous avons mis en avant ce que nous croyons juste, à savoir que l'USEP agit en qualité d'association devant jouir de tous ses droits et consciente et respectueuse des ses devoirs comme les textes existant l'y engagent.
Si blocage existe au nom de ces affirmations, nous ne pouvons qu'en être gênés. C'est pourquoi une demande de médiation est adressée à Mr le Ministre de l'Éducation Nationale (*), espérant qu'elle sera entendue.

(*) Selon l'article 1 de ses statuts, validés par le Conseil d'État, l'USEP est placée sous la tutelle du Ministre chargé de l'Éducation.

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