La chute

La Rédaction

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Nicolas Sarkozy tombe, et pas seulement dans les sondages. L'impact de son entrée en campagne est quasiment nul, et le Président semble même avoir perdu la main sur sa principale force: sa capacité à faire campagne.

A t'il finalement perdu la main ? Tout le monde attendait l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy pour voir les débats se rééquilibrer et la campagne entrer dans le vif du sujet. Les spécialistes parlaient déjà, d'ailleurs, d'un "creux" dans la campagne de François Hollande, impatients qu'ils étaient de voir arriver la vague bleue et de savoir quelle surprise allait donc nous sortir de son chapeau le Président de la République, grand spécialiste des campagnes musclées et des retournements de situation rocambolesques.

Et bien... il ne se passe pas grand chose à vrai dire, et en regardant l'objectivité des chiffres (même avec la marge d'erreur des sondages), il faudra vraiment un miracle pour que Nicolas Sarkozy s'en sorte. Le Président se retrouve dans la situation de l'équipe de football qui, à l'approche de la fin du championnat, ne peut plus compter uniquement sur elle même pour se sauver, mais doit attendre les résultats des autres. Voici donc la situation actuelle du Président: il doit attendre une erreur de son principal adversaire pour s'en sortir.

Et on dirait que cette erreur, il la cherche depuis le début. En effet, les débuts de la campagne de Nicolas Sarkozy ont surtout ressemblé à un enchaînement de pièges destinés à la gauche pour qu'elle tombe dedans. Mais la gauche est échaudée. En 2002, Lionel Jospin était tombé dans le piège de l'insécurité et du reniement du socialisme, en 2007, Ségolène Royal avait cédé un peu vite à l'énervement et à l'agressivité lors d'un débat télévisé qui résumait parfaitement les erreurs de la candidate en campagne. François Hollande a eu le temps de prendre des notes pendant tout ce temps, et pour le moment, il évite les pièges.

Mais à force de rechercher la faute de son adversaire, Nicolas Sarkzoy ne délivre pas son propre message. Un coup à l'extrême droite, un autre à tenter de passer pour un français "comme les autres", un coup à ouvrir sa vie privée, un autre à s'excuser de son statut people, un coup disant que l'on a besoin des grandes fortunes, un autre disant qu'il s'excuse pour le Fouquet's. Nicolas Sarkozy ne semble plus savoir vraiment où il en est.

Et le pire, c'est qu'il se détache absolument de son rôle de Président de la République. Lui dont les deux dernières années de mandat ont été consacrées à le "présidentialiser", comme disent les communicants, ne s'appuie jamais sur son bilan et ne joue le rôle que d'un candidat dont l'arrivée au pouvoir remettrait la France en ordre de marche. Pour ses adversaires, la riposte est trop aisée, et elle viendra en temps utile. L'on sent bien que les adversaires de Nicolas Sarkozy appuieront sur son bilan lors de la dernière ligne droite, pour faire mal.

Hier en meeting, les militants UMP se plaisaient à hurler "Nicolas, Président" ! A force de chercher la ligne de Nicolas Sarkozy en campagne, les militants de l'UMP sont peut être tentés de se raccrocher à l'idée que leur candidat devienne Président de la République en 2012.

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