La femme de Muselier mise en examen

La Rédaction

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L'épouse du député (UMP) Renaud Muselier, qui a été entendue mardi après-midi par un juge marseillais dans le cadre d'une affaire de marchés publics présumés frauduleux au sein de l'office HLM de la ville, a été mise en examen. Stéphanie Clément, avocate, a été mise en examen pour "recel d'atteinte à la liberté et l'égalité d'accès aux marchés publics" et "recel de prise illégale d'intérêt" dans ses prestations pour Habitat Marseille Provence (HMP), l'office HLM municipal, a précisé à l'AFP Me Erick Campana.
L'épouse de Renaud Muselier est ressortie libre du tribunal au terme d'une heure et demie d'audition, sa mise en examen n'ayant pas été assortie d'une mesure de contrôle judiciaire, a ajouté l'avocat.
"Je ne peux pas vous dire que le dossier est vide mais il y a deux thèses qui s'affrontent. Le juge considère qu'il ne peut y avoir de montant d'honoraires supérieur à 4.000 euros. Nous, nous pensons que l'on doit appréhender ce dossier non pas sur un montant global d'honoraires mais sur des honoraires dossier par dossier", a précisé Me Campana.
L'avocat a souligné qu'"aucun dossier (n'avait) jamais dépassé ce montant de 4.000 euros", au-delà duquel il faut recourir à une procédure d'appel d'offres.
Dans un communiqué, M. Muselier, tout en soulignant que cette mise en examen le touchait "profondément" et qu'il avait une "confiance absolue en (son) épouse", a estimé qu'elle ne (méritait) pas de "subir les conséquences de (son) engagement politique".
De son côté, Me Campana a déclaré ne rien savoir et ne pas s'intéresser à ces aspects politiques du dossier.
HMP gère 15.000 logements dans la ville. Sa gouvernance a changé en 2008 avec l'arrivée de proches de M. Muselier, dont le directeur général Jean-Luc Ivaldi, son ancien directeur de cabinet à la mairie.
A l'origine de l'affaire, un rapport de la Mission interministérielle d'inspection du logement social (Miilos) sur HMP avait relevé des "irrégularités" en matière de commande publique, "réalisée sans mise en concurrence", pour des prestations juridiques - d'un montant de 735.000 euros de 2005 à 2009 - ainsi que de recouvrement de loyers ou de communication.

Grosse indemnité

La Miilos avait aussi pointé une indemnité de licenciement de 218.349 euros "indûment perçue" par l'ancienne directrice générale, Nicole L'Hernault.
Après enquête préliminaire de la PJ visant les chefs d'abus de confiance, de favoritisme et de détournement de fonds publics, assortis de recel, une information judiciaire a été ouverte en novembre, élargie en février à des faits de prise illégale d'intérêt.
Depuis, Mme L'Hernault et un avocat élu UMP à la communauté urbaine de Marseille ont été mis en examen. Un autre conseil a été placé sous le statut de témoin assisté par le juge Franck Landou.

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