La grande peur de la fonctionnalisation

Denis Courtois

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La grande peur de la fonctionnalisation

Business man afraid of his own shadow monster concept on grungy background

© ra2studio

Emmanuel Macron a donc décidé une large fonctionnalisation des emplois dans certains corps de la fonction publique d'État. Les concernés sont bien plus effrayés que ne le furent les DGS quand elle leur a été appliquée en début des années 80.

Les jeunes fonctionnaires placés sur emplois fonctionnels  après la création de la FPT en 1984 ne se souviennent pas avoir vu autant de récriminations (notamment dans la presse) quand a été instaurée la fonctionnalisation des territoriaux qui, au fil du temps, s’est même étendue aux DGS de plus de 2 000 habitants. Cette fonctionnalisation a été vécue pour certains et certaines comme une sorte de contrepartie aux lois de décentralisation qui permettaient enfin de pouvoir s’affranchir de tutelles fort pesantes.

On pourrait se réjouir que soient à leur tour concernés ces « hauts » fonctionnaires, ceux là même qui n’hésitaient pas (les préfets notamment) à envoyer comme première circulaire aux nouveaux maires élus, le mode d’emploi de la fonctionnalisation pour protéger, bien sûr, les territoriaux en poste contre toute décision hâtive.

« La réforme va obliger les magistrats, à tous les grades, à une mobilité, empêchant de mener une carrière au sein d’une même juridiction ».

Puisqu’Emmanuel Macron a décidé d’étendre ce principe à certains hauts fonctionnaires d’État, on regrettera seulement quelques réactions sur leur « prétendue indépendance ». Celles-ci par exemple, signées Dominique Rémy, délégué syndical de l’Union syndicale des magistrats administratifs : « Les membres des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel sont des magistrats, depuis 2012. Ce texte ne devrait pas nous concerner, pourtant il modifie le déroulement des carrières ».

Ce syndicat, majoritaire au TA de Rennes, relève deux principales difficultés : « La réforme va obliger les magistrats, à tous les grades, à une mobilité, empêchant de mener une carrière au sein d’une même juridiction. Et les instances dirigeantes du Conseil d’État, qui a négocié seul ce texte avec le Gouvernement, prônent des allers-retours dans l’administration, entre un poste de haut fonctionnaire et un poste de magistrat ». Ouest France évoque également les propos d’un magistrat rapporteur qui craint que cette obligation ne pénalise surtout les magistrats ayant des enfants « en particulier les femmes, qui seront discriminées dans l’évolution de leur carrière ».

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