La personne au centre du projet artistique et culturel

La Rédaction

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Qu'est ce qui permet d'imaginer de nouvelles logiques d'action pour que les populations soient davantage concernées par l'art ? et bien par exemple le fait de passer un moment avec Robin Renucci parlant de son engagement dans le théâtre : pas un théâtre égotiste, mais un théâtre qui transforme, qui permet à l'homme de s'élever ou de « se relever », voire de se soulever, bref de s'humaniser. Ce qui distingue l'homme de l'animal, c'est cette capacité émancipatrice et symbolique de langage, de partage, d'échange, de rencontre, d'invention, de rêve !

Hélas cette fonction élévatrice de l'art est en partie confisquée par d'autres valeurs, marchandes, qui poussent à la consommation exacerbée et au profit, et vont à l'encontre de l'échange, du don (et du contre-don). Dans un monde qui  s'uniformise, l'art crée de la singularité  (ce qui est profondément issu de chacun), en passant de la gesticulation au geste et du bavardage à la parole.

Chacun est porteur de culture, d'une capacité de production, donc pourquoi près de 80 % des gens n'ont-ils pas la connaissance, l'envie d'accéder à des oeuvres ?  Comment de ce fait  l'artiste peut-il être un accompagnateur de la production du « notre », en aidant l'autre à voir, à avoir envie, à constituer l'autre partie de l'histoire qu'il donne ?

Cette attention à l'autre que porte un artiste comme Robin Renucci, certains responsables de politiques culturelles l'ont aussi envers les habitants, en mettant en avant les notions de démocratie participative et  de « droits culturels de la personne »  (cf. la Déclaration universelle de l'UNESCO sur la diversité des expressions culturelles de 2005). Par des procédures de concertation visant à rechercher des solutions convergentes, d'autres  modes de gouvernance peuvent permettre de recréer les conditions d'une culture choisie, consciente, d'une interaction des cultures, et non d'une culture subie. Ce qui ne doit pas empêcher les acteurs culturels et les artistes professionnels d'apporter toutes leurs compétences pour enrichir les parcours des uns et des autres, mais après avoir négocié, avec les personnes concernées, des valeurs partagées.

L'enjeu est bien d'articuler intérêt général et expression individuelle, de conjuguer l'idéal de la démocratisation culturelle (la diffusion de la culture « légitime » au plus grand nombre), un idéal jamais vraiment atteint en fait, et le modèle de démocratie culturelle, émanant jusqu'alors principalement du secteur de l'éducation populaire et de l'animation socioculturelle.

Comme l'indiquent les auteurs d'un dossier sur la participation des habitants à la vie artistique et culturelle 1, « l'habitant n'est pas seulement un usager, un public potentiel, mais également un citoyen susceptible de s'engager dans la vie culturelle locale dans toutes ses dimensions ».

François Deschamps

(1) La participation des habitants à la vie artistique et culturelle , n°40 (Été 2012) de la revue « l'Observatoire », dossier  coordonné par Marie-Christine Bordeaux et Françoise Liot - Observatoire des politiques culturelles de Grenoble.

Photo : Robin Renucci au Musée des moulages de Lyon © F. Deschamps

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