La petite phrase qui tue

La Rédaction

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Depuis plusieurs années, le débat autour de la réutilisation payante des données publiques, et notamment des archives numérisées, est vif et loin d'être clos. On peut trouver regrettable la répercussion du coût du traitement de ces données sur les utilisateurs, sans pour autant que cela soit aberrant. Dès lors qu'Etat et collectivités locales laissent des opérateurs privés intervenir dans ce champ, cette règle du jeu est équitable, les salariés de ces opérateurs ne travaillant pas - et c'est heureux ! - gratuitement. Ma préférence sur ce sujet ne fait, je pense, aucun doute, et la constitution d'un véritable service public d'accès aux archives numérisées innovant aurait naturellement suscité mon enthousiasme. Les choix politiques ont été différents, mais si l'objectif de favoriser l'accès du public à ces informations est rempli dans de bonnes conditions, autant s'en réjouir. Sauf que...

Les relations parfois houleuses entre Notrefamille.com et les services d'archives départementaux ont connu ces derniers jours un énième rebondissement : le département du Rhône vient de céder pour 10 ans, et à titre gratuit, une grande quantité d'actes d'état civil couvrant une période allant de la fin du XVIIIème au début du XXème siècle. Guillaume de Morant relève sur le site de la Revue française de généalogie que "le total revirement du Rhône est un sujet d'étonnement : après avoir essuyé deux avis négatifs de la CADA, le dernier notamment pour avoir proposé des licences de réutilisation trop chères, le département consent désormais à une réutilisation gratuite de ses données..." Etonnant, certes, mais c'est une bonne nouvelle pour les généalogistes qui trouveront là matière à alimenter plus aisément leurs travaux.

Mais la joie de voir ces données libérées sera de courte durée. Libérées, certes, elles sont... mais pour être bien vite enfermées et monnayées. Surtout, l'article de la Revue française de généalogie s'achève sur "la phrase qui tue" et qui fera s'étrangler plus d'un défenseur des biens communs : "Du coup, son cours de bourse a repris des couleurs et l'action affichait en cette fin de matinée du 19 novembre 2012, une progression de 8,91%". GASP !

A écouter également : podcast de l'émission Du grain à moudre du mardi 20 novembre sur le thème "A qui appartiennent les données culturelles publiques ?". Avec Roei Amit, directeur chargé du numérique à la RMN - Grand Palais, Rémi Mathis, président de Wikimédia France et Anne-Laure Stérin, juriste en droit des affaires.

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