La revue de presse du lundi

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Voici la revue de presse de la semaine. Où l'on parle de Sarkozy, des adhérents UMP, de financement de campagne présidentielle, d'optimisme, de Marine Le Pen, de patrons dans la rue... et bien d'autres choses encore, à découvrir dans ces extraits de la presse nationale.

SARKOZY : RETOUR VERS LE FUTUR

Libération (Laurent Joffrin)« (...) Le phénix de la droite décomplexée devait survoler la compétition ; il a pataugé dans une campagne marécageuse pour terminer avec un score en demi-teinte qui l'empêche de "tuer le match". Il devait prendre le rôle de l'opposant impérieux qui installe dès son arrivée l'idée d'une alternance réglée d'avance ; il doit encore batailler deux années contre des rivaux encouragés par sa déconvenue. Il tient l'appareil. Mais Juppé a l'opinion, Fillon le programme et Le Maire la nouveauté. Ils vont entamer une bataille épuisante qui va déchirer la droite.(...) La gauche voit dans le retour de cet hypoprésident l'occasion de se refaire un peu la cerise, grâce à cet épouvantail mité mais toujours inquiétant. Il n'est pas certain que le débat démocratique y gagne. On voit bien où Nicolas Sarkozy compte retremper l'acier de sa légitimité écornée : dans la forge de la droite revancharde. Il reprendra à son compte les idées les plus néfastes de l'extrême droite pour renvoyer ses adversaires aux prudences de l'establishment , en un mot pour les balladuriser, se posant en paladin défiltré du ressentiment populaire. Ainsi les propositions dangereuses ou démagogiques du FN trouveront un écho permanent à la tête de l'UMP. L'hypoprésident compte gagner en agressivité ce qu'il a perdu en influence. Il sera tueur plus que rassembleur. Il y a de meilleures nouvelles."Le Figaro (Alexis Brézet)« (...) Chef incontestable, Nicolas Sarkozy n'est pas, loin s'en faut, un candidat incontesté. Alain Juppé et François Fillon n'ont en rien renoncé. Et voilà que s'invite dans la bataille un quatrième larron nommé Le Maire, dont la jeune ambition pourrait bien faire de l'ombre à ses aînés. La primaire, désormais inscrite dans le cours des choses, viendra en son temps pour régler cette querelle. Mais l'on sait maintenant que la droite n'est pas condamnée, toujours, à se déchirer.(...) Gare à celui qui, pour des motifs personnels, romprait le fragile équilibre ! Les militants, attachés plus que tout à l'union, le jugeraient sévèrement. Quant aux électeurs, alors que le mandat de François Hollande s'enfonce dans le discrédit et que Marine Le Pen se fait chaque jour plus menaçante, ils n'admettraient pas que leurs espoirs d'alternance soient ruinés par le retour de la droite la plus bête du monde."Les Échos (Cécile Cornudet)« (...) L'UMP lui offre un nouveau départ. Mais un départ lesté. Son score, moindre qu'espéré, l'empêche d'effacer la campagne interne. Ces dix dernières semaines ont planté un décor, imposé des personnages, qui ne disparaîtront pas de sitôt. Elles ont réveillé ses adversaires internes, Alain Juppé en tête, et mis sur son chemin un nouveau compétiteur, Bruno Le Maire, qui lui renvoie implicitement cette question de l'âge, dont il aimait tant jouer contre les autres. Elles ont montré ses failles à lui, et le fossé creusé avec le pays par ses deux ans d'absence. Nicolas Sarkozy avait installé l'idée que les élus, les patrons, les associations défilant dans son bureau de la rue de Miromesnil était la preuve qu'il avait su conserver ce lien avec le pays réel qui avait fait sa force en 2007. Les dix semaines ont montré le contraire. Un candidat hésitant sur la ligne, n'ayant pas perçu la radicalisation de la société, persuadé que la dureté des Français à l'égard des politiques l'épargnerait lui. Déconnecté. Le 29 novembre vient de rebattre les cartes. Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Bruno Le Maire... voire François Fillon et Xavier Bertrand. Il y a bien une ligne de départ, mais elle est chargée."

 La République des Pyrénées (Jean-Michel Helvig)

« Ce sont donc 100 000 adhérents de l'UMP qui ont porté Nicolas Sarkozy au poste de président de leur formation. Sur 270 000 inscrits (selon les chiffres fournis par le parti), ce n'est pas à proprement parler une vague de fond quand l'on ajoute aux indifférents (42 % qui n'ont pas voté), les voix qui se sont portés sur Bruno Le Maire et Hervé Mariton. Bref, un score de 64,5 % des exprimés au final, bien loin des espérances de l'intéressé qui l'avait emporté par 85,09 % des suffrages en 2007, et qui pensait qu'il lui suffirait de (re) paraître pour terrasser d'éventuels rivaux.(...) Pour parodier un chanteur qui lui est proche, Nicolas Sarkozy, n'a pas donné envie d'avoir envie de le revoir à l'oeuvre dans une campagne présidentielle. Non, il n'a pas changé, pour continuer dans la chansonnette. S'il recueille des avis favorables dans l'électorat d'opposition c'est moins par enthousiasme que résignation à une situation où aucun autre postulant à l'alternance n'a réussi à s'imposer, ou qu'ils se sont neutralisés les uns les autres."L'Éclair des Pyrénées (Patrice Carmouze)« (...) Lorsqu'il s'est lancé dans cette bataille, il espérait que la route vers la présidence de son mouvement s'ouvrirait comme par miracle devant lui, un peu comme la mer rouge devant Moïse. Ce ne fut pas le cas. La reconquête fut pénible, sa campagne médiocre et ses adversaires plus coriaces qu'il ne le pensait. L'un d'eux, surtout, Bruno Le Maire, celui dont il disait qu'il l'avait fait ministre comme s'il l'avait tiré du ruisseau, trouva même dans cette élection le moyen de conquérir une notoriété, d'occuper une surface qui lui manquaient jusqu'alors. D'une certaine façon c'est lui le vainqueur, même annexe, de ce scrutin.Reste qu'une nouvelle page s'ouvre pour la droite. Voici donc Nicolas Sarkozy, comme il y a dix ans, chef de parti. La différence vient de ce qu'entre-temps, il a exercé une fonction présidentielle et que ce qui apparaissait comme une marche en avant sous Chirac pourrait passer aujourd'hui pour un retour en arrière.(...)"Le Républicain lorrain (Philippe Waucampt)« (...) Ni taulier ni otage de ses troupes, il ne dispose en aucun cas du chèque en blanc qu'il espérait en se lançant dans la course. Mais il n'est pas aussi affaibli que ses "amis" politiques le laissent entendre avec une Schadenfreude laissant augurer bien des déchirements dans la préparation de la primaire en vue de la prochaine présidentielle. (...) Ceci étant, en retrouvant les commandes du principal parti de l'opposition, l'ex-président dispose d'un atout maître pour étouffer les ambitions de ses principaux concurrents. Qu'il ne soit pas en odeur de sainteté auprès des sympathisants et du reste des Français est secondaire. L'essentiel pour lui est de disposer du noyau dur des militants pour remporter la primaire, puis gagner le ticket d'entrée au second tour de la présidentielle qui, comme chacun sait, se situe à 25% des voix au premier. Rien d'inatteignable, à condition qu'il sache garder ses nerfs et évite les dérapages dont il est coutumier. Ce qui est loin d'être gagné."Le Courrier Picard (Mickaël Tassart)« (...) Le financement de la campagne présidentielle, le Sarkothon, la bataille Fillon-Copé et le comptage rocambolesque des voix, Bygmalion... Samedi, c'est une page sombre de l'histoire de la droite que les militants ont voulu tourner, voire arracher des annales. En 2004, Sarkozy avait été élu président de l'UMP en atomisant ses concurrents de l'époque : Christine Boutin et Nicolas Dupont-Aignan. Cette fois, il devra compter avec Bruno Le Maire qui, en frôlant les 30 % des suffrages, revendiquera son droit de parole. Les deux hommes doivent se retrouver aujourd'hui. Nicolas Sarkozy aurait changé. Il souhaite "un nouveau départ". Pour alleroù ? À l'Élysée ? C'est son souhait. Il trouvera sur son chemin un Alain Juppé dans l'habit du sage, tourné vers le centre. Une posture de rassembleur dont Nicolas Sarkozy ne pourra pas faire l'économie."La Voix du Nord (Matthieu Verrier)« (...) Le score obtenu samedi par l'ancien chef de l'État n'est pas fabuleux. 64,5 %. Moins des deux tiers des suffrages exprimés, 37 % de l'ensemble des militants UMP. Derrière ces chiffres, la situation lui est favorable. Le faible score d'Hervé Mariton (6 %) montre que le mariage pour tous, sur lequel Sarkozy est mal à l'aise, ne constitue pas un enjeu majeur. Bruno Le Maire a créé la surprise avec 29 %, fort de divers soutiens sur le terrain et parmi les élus. (...) la dynamique imprimée depuis son annonce de candidature n'est pas celle d'un ancien chef de l'État. Celui qui aurait dû être rassembleur et ferme sur ses convictions a déçu. Sur TF1 hier soir, il a à nouveau martelé le mot de "rassemblement". Les sarkolâtres de 2007 ont laissé la place à des soutiens souvent critiques. La campagne interne a sonné comme un faux départ. Sans conséquence pour la présidence de l'UMP. Mais avec les nombreux concurrents dans les starting-blocks, un nouveau faux départ pourrait être fatal pour 2017."Le Télégramme (Christine Clerc)« (...) En ce temps-là, il représentait la jeunesse, la rupture avec le règne d'un Jacques Chirac radical-socialiste fatigué, et même un espoir d'"ouverture". Mais en 2014 ? Les salles sarkozystes auraient-elles été trompeuses ? Le visage creusé comme par une défaite, Sarkozy le vainqueur découvrait, samedi soir, qu'il avait perdu vingt points en dix ans chez les militants de son propre parti. Le sondage Ifop publié par le JDD, hier, confirmait cette fracture : 39 % des sympathisants de droite jugent Alain Juppé plus sympathique que lui, 45 % créditent le maire de Bordeaux d'une plus grande capacité à rassembler la droite et le centre, seuls 34 % - et 21 % de l'ensemble des Français - jugeant l'ancien président de la République capable de réaliser le " rassemblement " qu'il promet. De quoi avoir la rage au coeur pour qui rêvait d'être "le recours". (...) Invité, hier soir, sur le plateau du JT de TF1, l'ancien Président a manifesté, dès ses premiers mots, ce souci, exprimant sa "compassion" pour les victimes d'inondations. "Nous n'avons pas le droit de nous diviser... Je n'ai pas l'intention de conduire seul... Ce qui se prépare est un succès collectif", a-t-il affirmé. Comme pour mieux se convaincre lui-même de sa propre mue."

Le Journal de la Haute-Marne (Patrice Chabanet)

« (...) Marine Le Pen et son parti sont désormais en ordre de marche pour 2017. Le nouveau président de l'UMP, lui, doit d'abord consacrer son énergie, l'user même, pour réorganiser son camp dont il n'est pas sûr qu'il le reconduira pour la mère de toutes les batailles, la présidentielle. Dès hier soir, il a plaidé pour l'apaisement, une paix des braves qui ne dit pas son nom. Mais cette fois-ci, il n'a plus affaire avec Maire, le prometteur, et Mariton, l'outsider, mais avec Fillon et Juppé, ci-devant Premiers ministres. Derrière les félicitations d'usage pour le vainqueur de l'élection, ces derniers se sont bien gardés de faire allégeance. Fillon exclut d'emblée qu'union rime avec "soumission". Juppé s'en tient à une alliance de la droite avec les centristes. Si ce n'est pas marquer son territoire, cela y ressemble beaucoup. Le défi que s'est lancé Nicolas Sarkozy n'est pas seulement politique. Il est quasiment physique. C'est bien connu, les conflits internes sont plus usants que le combat avec un ennemi externe dûment identifié. Ou comment cohabiter avec des partenaires qui, en se rasant le matin, pensent plus à la présidentielle qu'à la rénovation du parti?(...)"La Nouvelle République du Centre Ouest (Olivier Pirot)« (...) Nicolas Sarkozy entend d'abord rassembler - surtout derrière lui - avant de créer une formation politique à la surface inégalée en France. Reste cependant à savoir jusqu'où ira ce spectre à droite et au centre et quel nom portera ce nouveau parti. A n'en pas douter, l'ex-premier flic de France fera preuve d'activisme. L'action est son domaine de prédilection et il n'est pas avare en prises de parole. Fort de son expérience et de ses deux années - relatives - de retrait, il entend être un phare politique et apporter les solutions à la France. La promesse semble cependant plaire aussi à la gauche qui peut estimer que Nicolas Sarkozy - non content de chercher à éclairer - captera aussi toute ou partie de la lumière médiatique. Son omniprésence possible pourrait détourner le regard des médias de l'action du gouvernement. Cristallisant les tensions à droite, son retour pourrait donc permettre à François Hollande de retrouver son rôle de président normal. Un personnage construit en opposition à Nicolas Sarkozy et qui pourra à nouveau exister."

La Charente Libre (Dominique Garraud)

« (...) Ce bon score de Bruno Le Maire démontre qu'au sein même du noyau dur des militants de l'UMP, l'image d'un Nicolas Sarkozy en recours unique pour sauver le parti et la France est encore loin de faire l'unanimité. En 2004 Nicolas Sarkozy avait pris les commandes d'une machine de guerre parfaitement huilée pour le mener, sans opposition interne, jusqu'à la victoire à la présidentielle de 2007. Son principal concurrent d'aujourd'hui, Alain Juppé était déjà disqualifié par sa condamnation dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Aujourd'hui, c'est un scénario inverse qui se profile avec la dizaine de dossiers politico-judiciaires où apparaît le nom de Nicolas Sarkozy même si les derniers développements de l'affaire Bettencourt sont de nature à le rassurer. La primaire très hypothétique qui pourrait les opposer n'est pas l'urgence de l'heure. Avant, Nicolas Sarkozy devra redresser une formation politique criblée de dettes, et surtout trouver la ligne politique capable de rassembler et de vaincre un Front National déjà "certain" d'être présent au second tour de 2017 sous la bannière d'une Marine Le Pen plus conquérante que jamais."L'Est Républicain (Alain Dusart)« (...) L'UMP a désormais un chef, mais Nicolas Sarkozy avec le score d'une victoire sans gloire, ne peut fanfaronner tant il a fort à faire. Son ancien "collaborateur" François Fillon a prévenu dès samedi soir : "L'union n'est pas la soumission." Bruno Le Maire va se sentir pousser des ailes avec sa performance en trompe-l'oeil puisqu'il a moissonné les allergiques au sarkozysme. Mal élu, le nouveau leader de l'UMP a le devoir impérieux de rassembler sa famille et de trouver un remède de cheval pour soigner le syndrome des querelles fratricides façon Balladur-Chirac. D'une certaine manière, Nicolas Sarkozy est un peu en cohabitation dans son propre camp. Il s'est voulu rassembleur hier soir à la télé. Pour se refaire, il lui faudra à la fois se faire violence pour ne pas céder à ses démons et ne pas se laisser déborder par une Marine Le Pen réélue triomphalement hier à la tête de sa formation. Plus que jamais, elle reste en embuscade..."Ouest-France (Michel Urvoy)« (...) Si la primaire est une nécessité pour la droite, elle peut être un piège pour Nicolas Sarkozy, qui promet pourtant de l'organiser : son élection à la tête du parti n'est pas un plébiscite et sa cote fond vite au fur et à mesure que l'on s'éloigne du coeur militant. (...) En revanche, on peut prédire que la France aura besoin de tout sauf d'un homme, ou d'une femme, providentiel (le). Sortir de nos difficultés suppose un président élu par adhésion et non par rejet des autres, ancré sur un socle électoral large, disposant des moyens politiques de mener les quelques réformes majeures qu'aucun camp ne peut décider contre l'autre. De ce point de vue, diriger un parti en proie aux enquêtes, aux dettes et aux désaccords, et concurrencé par un FN qui tire son président par la manche droite, n'est pas forcément le meilleur moyen d'amadouer le centre, matin, midi et soir. Les prises de position sociétales ou européennes de Nicolas Sarkozy peuvent même encourager des candidatures concurrentes au MoDem ou à l'UDI.(...)

Sud-Ouest (Bruno Dive)

"Elu en 2007, battu en 2012. Plébiscité à la tête de l'UMP en 2004, nettement moins victorieux dix ans plus tard : la magie Sarkozy n'est décidément plus ce qu'elle était. Car si l'ancien président se réinstalle à la présidence de l'UMP avec un score que beaucoup de ses homologues pourraient lui envier (à l'exception notable de Marine Le Pen), ce score est largement en deçà de ses espérances. Il devait plier le match, il a tout juste gagné la partie ; il pensait gagner la guerre, il n'a fait que remporter, plus difficilement que prévu, une bataille. (...) Il devra composer, ce qui ne lui ressemble guère, et rassembler, ce qu'il avait su faire en 2007 mais a désappris depuis. Il faudra plus qu'un Conseil des anciens Premiers ministres, annoncé hier soir par Sarkozy, pour y parvenir. Surtout, il aura du mal à échapper à ces primaires largement ouvertes, qu'il a tout fait pour éviter avant de les accepter du bout des lèvres. Nul doute qu'un score de maréchal l'aurait aidé à contourner cette épreuve qui peut lui barrer la route de son retour à l'Elysée. Les adhérents de l'UMP en ont décidé autrement samedi soir.(...)"

PARTIS ET DÉMOCRATIE

Paris-Normandie (Stéphane Siret)

"(...) Marine Le Pen réélue avec 100 %des voix, tandis que le nouveau président de l'UMPse félicite que les militants ont voté " en masse " ! N'en déplaise pourtant aux troupes FNet aux garnisons UMP, la réalité n'est pas aussi étincelante. Seuls 58,72 %des adhérents de l'UMP ont voté et 51 % au FN " en raison du faible enjeu avec une candidature unique ", souligne un proche de Marine Le Pen. S'agissant d'élections concernant les seuls militants encartés, on pouvait s'attendre à ce que ces derniers soient davantage mobilisés pour faire vivre leur propre famille politique. Mais s'ils désertent les bureaux de vote, cela signifie que la défiance est bien plus grande que ce que les responsables, eux-mêmes, n'imaginent. ll est temps de réagir et de s'interroger sur cet intérêt tout relatif.Le Midi Libre (Jean-Michel Servant)"Aussitôt élus et déjà à l'attaque. Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy se volent dans les plumes. Dès sa réélection à la tête du Front National, la première accuse le nouveau boss de l'UMP d'avoir "tout raté". Lui, sur le plateau de Claire Chazal, raille dans la foulée un parti frontiste où l'on se succède "de père en fille, et en petite-fille" avec un score digne du Soviet suprême. C'est sûr, entre ses deux-là, le match pour la future présidentielle a bel et bien commencé. Un mano a mano qui ne laisse aucune place à un autre adversaire. Ni de droite, ni du centre, et encore moins de gauche. Car nos deux rivaux ont la même analyse. Pour eux, les jeux sont faits. Vu l'état du PS et des Verts, l'un et l'autre sont certains d'aller en finale. Cela ne fait aucun doute dans leur esprit. On peut donc s'attendre désormais à une sorte de joute à droite, avec l'insécurité et l'immigration en fil rouge. Et tant pis pour ceux qui espéraient un débat plus ouvert. Nos "présidents du week-end" se sentent seuls au monde. Les voilà embarqués dans un duel de charme. Prêts à nous interpréter un tango politique jusqu'en 2017."

La Montagne Centre France (Jacques Camus)

"Élu avec 65 % des voix à la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy est décidé à jouer 100 % collectif ! (...) Nicolas Sarkozy a dit sa volonté oecuménique d'organiser une primaire ouverte pour 2017 avec l'UDI mais sans le MoDem de Bayrou. Et c'est forcément autour de la conception de cette primaire ouverte mais pas trop, que vont se cristalliser les oppositions à venir. Nicolas Sarkozy fait le pari osé d'une reconstruction du parti qui canalisera le choc des ambitions. Peut-être imagine-t-il que le travail collégial gommera les différences idéologiques entre les prétendants à la présidentielle. En tout cas, le pire danger, pour la droite, serait de renouer avec la "machine à perdre" en ayant plusieurs candidats pour le scrutin de 2017. Tout cela parce qu'il y en a une qui est prête à éjecter de la "finale" une droite déchirée. Elle s'appelle Marine Le Pen et elle est même prête, elle aussi depuis dimanche, à 100 %."

OPTIMISME

La Croix (Guillaume Goubert)

"(...) À côté de ce qui - indéniablement - va mal, il y a aussi en France beaucoup de choses qui vont bien. Nous connaissons des échecs, nous avons des handicaps. Mais il faut aussi s'intéresser aux réussites et aux atouts qui sont pourtant bien réels. Situation paradoxale : ce pays réputé si cocardier et arrogant ne parvient plus à être fier de lui-même. La collectivité française ne parviendra pas à repartir de l'avant si elle se complaît dans cette délectation morose. Il lui faut regarder en face ses difficultés mais envisager en même temps sur quoi s'appuyer pour reprendre de l'élan. Voilà pourquoi La Croix a décidé d'aller, pendant deux semaines, à la recherche de ce qui peut redonner confiance aux Français. Cela prendra la forme d'un tour de France en dix étapes qui évoquera le tissu des PME en Mayenne, le foisonnement culturel en Nord-Pas-de-Calais ou l'innovation rurale sur les hauteurs de la Drôme. Dans ces régions, il se passe des choses qui échappent le plus souvent aux radars de la notoriété. Nous sommes allés y voir de près, et ce que l'on observe est passionnant. La créativité est grande, l'esprit de coopération aussi. Réjouissons-nous : cela peut être contagieux !"

PATRONS À LA RUE

L'Opinion (Nicolas Beytout)"(...) Pourtant, battre le pavé derrière des banderoles n'est pas leur genre, ni leur tradition. D'ailleurs chaque manif patronale soulève un concert de protestations faussement scandalisées de la part du pouvoir. Comme si les salariés avaient un droit fondamental, celui de faire grève et de manifester, et les patrons un devoir absolu, celui de tout avaler. Etrange conception de la démocratie. Plutôt que de répéter dans le vide et sans craindre de provoquer un grand éclat de rire dépité, qu'« aucun gouvernement n'a jamais fait autant pour les entreprises", la majorité ferait bien de prendre au sérieux cette tension qui exaspère le milieu des chefs d'entreprises. Et de ne pas trop jouer sur la gêne des organisations patronales, écartelées entre la volonté de garder le contrôle de leur base et la peur d'en subir la pression, divisées entre le respect du paritarisme et le sentiment de participer à un grand jeu de dupes. Il y a, dans le monde de l'économie, deux populations qui ne font jamais grève : les chômeurs et les patrons. Oublier les uns ou mépriser les autres pour cette raison qu'ils n'occupent pas la rue serait une faute lourde."

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